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DAKOTA, Indiens

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Confédération de tribus d'Amérique du Nord dont le nom signifie « alliés » et qui furent nommés Sioux par réduction de la traduction du nom ojibwaNadouessioux. Il existe trois groupes principaux de Dakota, qui se distinguent par leur dialecte et leur histoire. Les Santee ou Dakota de l'Est (leurs descendants étaient au nombre de 16 000 en 2004), que les autres tribus appelaient Dakota, formaient le premier de ceux-là et comprenaient les Mdewkanton, les Wahpeton, les Wahpekute et les Sisseton : établis avant 1650 dans la région du lac Supérieur, ils vivaient de la collecte de riz sauvage et de haricots, de la chasse aux cerfs et aux bisons et des produits d'une pêche pratiquée au harpon à partir des canoës ; en guerre avec les Ojibwa, ils durent émigrer vers le sud et l'ouest de l'actuel Minnesota. Deuxième groupe, les Yankton (au nombre de 7 200 en 2004), appelés Nakota par les autres Indiens Dakota, étaient divisés en Yankton proprement dits et en Yanktonai ; comme le troisième groupe, celui des Teton (près de 76 000 en 2004), ils furent chassés du Minnesota et s'installèrent dans l'actuel État du Dakota ; ils y adoptèrent le mode de vie des Indiens des plaines (leurs voisins étaient les Crow, les Cheyenne, les Ponca et les Omaha) et délaissèrent leur agriculture et leur artisanat de poterie traditionnels. Établis le plus à l'ouest et au contact des Crow, des Cheyenne et des Arikara, les Teton, appelés aussi Lakota, étaient divisés en sept bandes : Sihasapa ou Pieds-Noirs, Brûlé, Hunkpapa, Miniconjou, Oglala, Sans-Arcs et Two-Kettle ou Oohenonpa.

Culturellement proches des autres Indiens des plaines, les Dakota habitaient des tipi (le mot est de leur langue) ; comme dans les ethnies voisines, les exploits guerriers, telle la prise de chevaux ou de scalps, conféraient prestige et statut social à leurs auteurs. La guerre et le surnaturel étaient très liés : si un Indien voyait certains dessins pendant une vision, il les peignait sur son bouclier pour se protéger de ses ennemis. Les Dakota pratiquaient une forme très compliquée de danse du Soleil, qui était leur principale fête tribale. Dans le système religieux dakota, quatre puissances gouvernaient l'univers, chacune étant à son tour divisée en quatre hiérarchies. Le bison avait aussi une place importante dans leur religion. Chez les Dakota Teton, l'ours était très important ; on pouvait obtenir le pouvoir curatif de l'ours par une vision. Avant de partir pour un raid, les Dakota Santee entreprenaient une chasse à l'ours cérémonielle, afin de protéger leurs guerriers.

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Les femmes dakota étaient réputées pour faire des broderies de perles ou de piquants de porc-épic ; la signification symbolique des dessins géométriques réalisés par celles-ci n'était pas toujours la même pour celle qui les faisait et pour celui qui les utilisait. Certaines tribus dakota conservaient aussi des peaux sur lesquelles on avait peint les événements marquants de leur histoire. Les sociétés militaires faisaient office de police ; leur tâche la plus importante était de contrôler les chasses au bison. Il y avait aussi des sociétés de danse, des sociétés de shamans et des sociétés de femmes.

Wounded Knee - crédits : MPI/ Getty Images

Wounded Knee

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En 1851 et en 1859, les Dakota Santee furent contraints d'abandonner la plupart de leurs territoires du Minnesota, et on les assigna à résidence dans une réserve. Mais les traités furent violés, et les Blancs ne cessèrent pas leur avance vers l'Ouest. Les Dakota de l'Est se soulevèrent en 1862 sous la direction de Little Crow ; après leur défaite, ils durent partir pour les territoires de l'actuel Dakota et du Nebraska. Le territoire des Dakota Teton et des Dakota Yankton, qui comprenait la région entre le fleuve Missouri et les montagnes Teton et entre la rivière Platte au sud et le Yellowstone au nord, fut de plus en plus envahi par les Blancs, après la ruée vers l'or de 1849. En 1865-1867, Red Cloud, chef oglala, engagea diverses actions de guerre pour arrêter la construction d'une route à travers les terrains de chasse des Dakota et qu'on appelait le Bozermann Trail. Par le traité du Fort Laramie, que Red Cloud les contraignit à signer en 1868, les États-Unis acceptèrent d'abandonner et de brûler les forts construits dans le nord du Wyoming ; mais, en 1875, après la découverte d'or dans les Black Hills, une autre vague de mineurs envahit le territoire dakota. Les hostilités recommencèrent, et les Dakota remportèrent la bataille de Little Bighorn en 1876. Mais, le même été, ils furent vaincus et envoyés dans des réserves. Les chefs Sitting Bull, Gall et Crazy Horse refusèrent très vite l'état de misère et de famine que le gouvernement de Washington imposait aux Indiens placés dans les réserves et reprirent la lutte, mais Crazy Horse fut tué après s'être rendu en 1877, tandis que Sitting Bull se sauvait au Canada ; il devait revenir aux États-Unis en 1881. En 1890-1891, la religion de la danse de l'Esprit prit une certaine ampleur chez les Dakota, à qui on avait laissé bien peu d'espoir : elle promettait l'arrivée d'un messie, un retour à la vie d'autrefois et la réunion des vivants et des morts. Les agents du gouvernement pensèrent que ce mouvement troublait une paix précaire, et ils arrêtèrent les meneurs. Sitting Bull fut tué en 1890 par la police indienne, alors qu'elle s'assurait de sa personne. Enfin le massacre de Wounded Knee, en décembre 1890, marqua la fin de toute résistance dakota à la domination blanche.

Au début du xxie siècle, les Dakota forment un peuple jeune à forte croissance démographique ; ses quelque 100 000 membres habitent toujours, pour la plupart, dans les réserves. Ils luttent pour préserver leur langue, qui n'est plus parlée que par 15 p. 100 d'entre eux, les plus âgés (selon le recensement fédéral de 2000). Ils prennent une part très active au mouvement de lutte pour la reconnaissance des droits des Amérindiens en tant que premières nations .

— Agnès LEHUEN

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Wounded Knee - crédits : MPI/ Getty Images

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