1959 46e Tour de France
La course
L'équipe de France composée par Marcel Bidot a fière allure : Jacques Anquetil, Louison Bobet, Raphaël Geminiani, Roger Rivière... autant de vainqueurs potentiels ; trop sans doute, d'autant que la rivalité entre Anquetil et Rivière est plus que vive.
La première confrontation a lieu lors de l'étape disputée contre la montre entre Blain et Nantes (sixième étape, 45,3 km) : Rivière s'impose, Anquetil concède plus d'une minute. Le lendemain, entre Nantes et La Rochelle (190 km), le « régional » français de la formation Centre-Midi Henry Anglade s'inscrit dans une échappée, ce qui lui assure une avance de 5 min 8 s sur ses principaux concurrents. Henry Anglade remporte la treizième étape (Albi-Aurillac, 219 km) devant Jacques Anquetil, alors que le Luxembourgeois Charly Gaul concède plus de 20 minutes et perd toutes ses chances de victoire finale. Charly Gaul va néanmoins chercher à obtenir un succès de prestige : lors de la dix-septième étape (Saint-Étienne - Grenoble, 197 km), il attaque au sommet du col de Romeyère ; l'Espagnol Federico Bahamontes l'accompagne ; l'« Ange de la montagne » et l'« Aigle de Tolède » unissent leurs efforts, le Luxembourgeois remporte l'étape, l'Espagnol endosse le maillot jaune. Au classement général, Anglade est rejeté à 3 min 40 s, Anquetil à 9 min 16 s, Rivière à 11 min 36 s.
Le lendemain, l'étape le Lautaret - Saint-Vincent-d'Aoste (243 km) se dispute dans la pluie et le froid. Au sommet de l'Iseran, Louison Bobet abandonne et quitte pour toujours le Tour. Dans la descente vers Val-d'Isère, Bahamontes se trouve en difficulté ; son retard sur les hommes de tête (Anglade, Anquetil, Rivière...) atteint vite 5 minutes ; mais ni Anquetil ni Rivière, englués dans leur rivalité, ne veulent collaborer pour donner vie à cette échappée, qui aurait pu permettre au « régional » Henry Anglade de remporter le Tour ; peu avant le col du Petit-Saint-Bernard, Bahamontes est revenu ; il remporte la Grande Boucle.
Au Parc des Princes, Jacques Anquetil, troisième, et Roger Rivière, quatrième (à 5 min 17 s), sont copieusement sifflés par le public.
La suite de cet article est accessible aux abonnés
- Des contenus variés, complets et fiables
- Accessible sur tous les écrans
- Pas de publicité
Déjà abonné ? Se connecter
Écrit par
- Pierre LAGRUE : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs
Classification