Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

ARMÉNIE

Nom officiel République d'Arménie
Chef de l'État Vahagn Khachaturyan - depuis le 13 mars 2022
Chef du gouvernement Nikol Pachinian - depuis le 8 mai 2018
Capitale Erevan
Langue officielle Arménien
Population 2 990 900 habitants (2023)
    Superficie 29 740 km²

      Article modifié le

      Langue, musique et littérature

      Langue et musique

      L'arménien est l'une des langues indo-européennes qui ont le mieux conservé le système de déclinaisons primitif. Il n'est devenu langue écrite qu'au début du ve siècle, avec l'invention de l'alphabet arménien par Mesrob Machtotz ; cette forme écrite a pris le nom de grabar ; à côté d'elle s'est développée une langue populaire, moyen arménien à partir du xe siècle, asxarabaraprès le xvie. Le grabar conserva néanmoins sa primauté jusqu'à ce que le grand écrivain Abovian ait, au xixe siècle, consacré l'usage littéraire de l'arménien populaire. À la fin de ce siècle, la langue se divise en deux branches ; parlé en Russie et, aujourd'hui, en Arménie soviétique, l'arménien oriental est une langue harmonieuse, mais que les emprunts au vocabulaire russe et une simplification abusive de l'orthographe ont quelque peu éloigné de son caractère original ; parlé dans la « diaspora », l'arménien occidental est l'héritier direct du grabar et de l'asxarabar.

      La musique arménienne nous est surtout connue par ses extraordinaires chants sacrés que sont les Charakans. Une musique profane, inspirée de thèmes folkloriques, est apparue en Arménie soviétique avec Aram Khatchatourian.

      — Jean-Pierre ALEM

      Littérature ancienne

      Terre de massacres et d'invasions, l'Arménie a toujours cherché par la voie de sa littérature à fortifier son unité menacée et à affirmer le sentiment de l'originalité de son peuple. D'origine antique et préchrétienne, la culture a été favorisée par une histoire millénaire. Les traductions de la Bible, en des manuscrits qu'embellit un art original de la miniature, restent les fondations vénérables d'une littérature animée d'un souffle religieux.

      Grâce à l'extrême variété de ses sonorités, à l'ampleur du rythme que scande un fort accent tonique, à la musicalité de sa modulation, la langue arménienne se coule d'elle-même dans un moule poétique. Les troubadours, les achoughs, ont su mettre en valeur les multiples richesses de cette langue et toucher la sensibilité d'un peuple entier.

      Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

      Plus les plaies de l'Arménie devenaient douloureuses, plus on demandait aux mots de consoler des trahisons du réel. La littérature s'est faite épique. Mais, à côté de la lamentation, de tant de textes écrits avec le sang des martyrs, subsistent, dans les lettres arméniennes, les témoignages d'un peuple qui lutte héroïquement contre la mort et qu'anime une religiosité foncière, longtemps chrétienne. C'est de cette alliance entre un esprit religieux et un comportement combatif qu'est née la grande littérature arménienne du xe siècle. Cette époque créatrice symbolise le pur esprit arménien, fervent et vigoureux, ivre d'une poésie qui proclame l'acharnement à vivre. Poésie de la terre morte mais éternellement ressuscitée : telle apparaît la littérature arménienne, dans sa marche semée d'obstacles qui, surmontés, régénèrent son esprit créateur.

      Les origines

      C'est au début du ve siècle que naît la littérature arménienne écrite, après le partage entre l'Empire romain et la Perse. Des gouverneurs administraient la partie romaine tandis que la vieille dynastie arsacide d'Arménie continuait à régner, sous l'obédience du Roi des rois, dans la partie persane, la plus étendue.

      Un siècle auparavant, l'Arménie s'était convertie au christianisme, mais les vieilles croyances et les pratiques païennes restaient vivaces dans la population ; la nouvelle religion était loin en effet d'avoir pénétré dans les masses et même dans les classes dirigeantes. Il n'existait pas de système d'écriture arménien. C'est en syriaque et en grec que le culte était célébré et qu'étaient traduits les livres sacrés. Dès les premières années du christianisme, quelques écoles avaient été créées, dont seuls les initiés aux langues étrangères pouvaient suivre l'enseignement. Les efforts menés pour propager la foi et pour former des prédicateurs étaient condamnés à ne donner que de faibles résultats.

      Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

      La conversion au christianisme constituait en même temps un acte de défense contre l'Iran, dont la puissance, le voisinage et l'étroite similitude des mœurs et des croyances avec les leurs représentaient pour les Arméniens une menace d'absorption, absorption rendue presque inévitable par la dégradation du pouvoir politique en Arménie. Il devenait nécessaire que s'affirme l'entité ethnique du pays par l'organisation de la langue et par la naissance d'une littérature arménienne. Ce fut l'œuvre du moine Mesrob Machtotz, ancien militaire en poste à la cour, homme instruit et versé dans les langues. Il inventa l'écriture arménienne, aidé et sans doute sollicité par le catholicos Sahak et le roi Vramchapouh. Son alphabet, merveilleux instrument, reproduisait tous les sons, très nuancés, de la langue arménienne. Aussi le nom de Machtotz est-il vénéré plus qu'aucun autre par les Arméniens qui voient en lui le symbole de l'existence nationale et culturelle de leur pays.

      La traduction de la Bible marque le début d'une ère nouvelle. La langue se fixe et se manifeste d'emblée avec une perfection formelle, une régularité grammaticale, une rigueur de syntaxe et une élégance étonnantes. Cette traduction est immédiatement suivie de celle d'autres textes chrétiens, prières et écrits liturgiques. Sahak et Machtotz composent des hymnes, des sermons, édictent des mandements, établissent des règles canoniques. Machtotz et ses disciples entreprennent une intense activité de prédication.

      Le ve siècle voit une floraison d'ouvrages. C'est que Machtotz s'entoure de disciples formés aux meilleures méthodes, à Constantinople, à Alexandrie, à Édesse. La littérature patristique, les martyrologes, les vies de saints, les actes des premiers conciles, les écrits apologétiques et polémiques représentent la majeure partie de cette brillante production. Il s'agit souvent de traductions, dont les originaux ne nous sont pas parvenus et dont nous ne possédons que la version arménienne.

      Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

      Des œuvres capitales émergent, telle la Vie de Machtotz, de Korium, son disciple. C'est le premier ouvrage original écrit en langue arménienne. Un autre disciple de Machtotz, Eznik, a rédigé un traité théologique et philosophique, Contre les sectes. Cette apologie du christianisme est une réfutation des hérésies, des sectes et des religions païennes. La simplicité et l'élégance du style, la vigueur de la pensée et du raisonnement, l'habileté à exprimer les idées abstraites en une langue, ancienne certes, mais récemment mise à l'épreuve de l'écriture en font « un joyau de la langue classique ». Selon le père L. Mariès, « la simplicité et la hardiesse des lignes de ce petit édifice le classent parmi les monuments les plus imposants de la littérature apologétique de cet âge, sans distinction entre la grecque et l'arménienne ».

      Les historiens

      La production littéraire du ve siècle ne se consacre pas uniquement à la nouvelle religion. Des historiens exaltent le sentiment national et consolident l'instinct de défense et de conservation du peuple arménien.

      Si Agathange s'attache à conter, de manière à frapper l'imagination, l'histoire de l'introduction du christianisme en Arménie et à décrire la vie et l'œuvre de saint Grégoire l'Illuminateur, l'apôtre de l'Arménie, Fauste de Byzance, Lazare de Parbi, Élisée et Moïse de Khorène font le récit des événements de leur temps, écrivent l'histoire d'une période ou celle de l'Arménie depuis les origines.

      Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

      Dans son récit des événements du ive siècle, Fauste de Byzance s'inspire principalement des légendes et des traditions orales. Si son histoire manque de précision chronologique et n'est exempte ni d'exagérations ni de fabulations, son style savoureux, son souci du détail, son art de situer des personnages, ses descriptions de mœurs en font une peinture saisissante de cette période, remplie de sombres drames.

      Au milieu du ve siècle (451), l'Arménie doit affronter la Perse, sa redoutable voisine, et répondre aux injonctions comme aux promesses qu'elle multiplie pour l'amener à répudier le christianisme et à embrasser le mazdéisme. Depuis près de cinquante ans, l'ardente prédication des nouveaux lettrés avait porté ses fruits. La conscience nationale s'était affermie et la foi chrétienne quelque peu enracinée. Bien qu'il eût défait les Arméniens, conduits par Vardan Manikonian, le Roi des rois dut leur reconnaître le droit de pratiquer leur religion. Aussi purent-ils reconquérir la plupart de leurs libertés et de leurs privilèges. C'est cette histoire que raconte Élisée, témoin attaché à la maison du grand chef Vardan, tué au combat. Exaltation du sentiment national, glorification des martyrs de la religion, cette œuvre est une épopée lyrique riche en effusions, mais aussi un récit vivant, tout en mouvement, écrit dans un style coloré et imagé, d'une pureté et d'une élégance rares ; jusqu'au seuil des Temps modernes, son prestige sera grand chez les Arméniens et, avec celle de Moïse de Khorène, elle servira de document de base aux manuels d'histoire.

      L'histoire de Lazare de Parbi présente une indiscutable valeur documentaire, surtout pour la période qui immédiatement suit la guerre contre les Perses. Historien scrupuleux et sobre, Lazare de Parbi ordonne son récit et fait parler ses personnages. Si son style n'a pas l'éclat de celui d'Élisée, ni la verve de celui de Fauste de Byzance, son œuvre reste précieuse pour les érudits.

      Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

      Mais, aux yeux des Arméniens, c'est Moïse de Khorène qui reste le père, le fondateur dont l'ombre domine le devenir de l'existence nationale. Il a composé l'histoire de l'Arménie depuis Haïk, le patriarche de la nation. Le récit s'enfonce dans les temps bibliques, dans les plus anciennes traditions, s'inspire des vieux chants et des fables populaires, s'appuie sur les documents et les ouvrages historiques du temps. Ce poème, qui recueille les traditions orales des époques les plus reculées, est la somme qui a animé et nourri les lettres arméniennes pendant près de quatorze siècles. Et ce monument littéraire est l'œuvre d'un écrivain de race. Pour Moïse de Khorène, il s'agissait, après les malheurs de la patrie dans la seconde moitié du ve siècle, de ranimer et de retremper aux sources la foi et l'espérance patriotiques. C'est une chronique d'ensemble et un chant de gloire en l'honneur du peuple arménien. Aucune œuvre n'a été aussi sujette que celle-ci aux controverses récentes. Il reste que les personnages créés par Moïse de Khorène ont acquis, au cours des siècles, figure humaine et les événements qu'il a racontés ont pour ainsi dire une réalité charnelle. Son livre constitue une source de renseignements indispensables aujourd'hui encore.

      Tous ces auteurs étaient des religieux et l'Église elle-même, pour des raisons pastorales, présidait à la naissance de la littérature écrite. Il était naturel que ce renouveau marquât une cassure avec la poésie épique et populaire de la période païenne et, pourtant, on trouve dans toutes ces œuvres des fragments, des allusions, des passages qui rappellent en filigrane les traditions poétiques de l'Arménie antique.

      Au cours des siècles suivants, les écrits religieux représentent la quasi-totalité de la littérature, donnée en une langue qui subit des fluctuations et accuse parfois assez fortement l'influence du grec. Les controverses doctrinales, les querelles christologiques en constitueront les principaux sujets. Le triomphe du christianisme avait libéré l'Arménie de la menace d'assimilation. Le refus du concile de Chalcédoine par l'Église arménienne a condamné à l'isolement le clergé, qui cherchera dans les Églises monophysites orientales sa nourriture spirituelle et les armes qui seront utilisées dans les virulentes polémiques de l'époque.

      Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

      Le siècle des belles traductions et des grands historiens, qu'on a appelé l'âge d'or de la littérature arménienne, est suivi d'une longue période qui donne des œuvres de moindre qualité littéraire. À côté d'une copieuse production de textes chrétiens, on compte des œuvres de bon nombre de chroniqueurs qui consignent les événements de leur temps. L'Arménie était d'abord le théâtre de guerres interminables entre Byzance et la Perse, puis d'invasions arabes qui portaient leurs méfaits jusque dans le nord du pays.

      La poésie chrétienne

      Au xe siècle apparaît la grande figure de Grégoire de Narek. Son Livre des lamentations, en prose rythmée, est une suite de soliloques proférés devant Dieu, « paroles à Dieu du plus profond du cœur ». Ce moine mystique, déchiré par le sentiment du péché, torturé par la certitude de son indignité et la crainte de sa damnation, exhale sa détresse et son angoisse en des cris dont le sombre lyrisme a été peu souvent atteint. Rarement, art saura tirer toutes les ressources d'une langue, créer une telle profusion d'images et de visions pour exprimer l'épouvante et l'espérance.

      En raison de l'extrême malléabilité de la langue arménienne, largement exploitée par le poète, du verbe incantatoire qui sublime cette prose en une admirable musique, aucune traduction ne saurait donner une idée, même approximative, de la beauté et de l'importance de cette œuvre.

      Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

      Dans ses poésies allégoriques, Grégoire de Narek révèle un vif sentiment de la nature, un réalisme d'une sensibilité frémissante, qui en font le précurseur de la poésie profane des siècles suivants.

      Une poésie religieuse s'est développée dès le ve siècle, en traductions ou en œuvres originales, souvent imitées des modèles grecs ou syriaques. On y relève parfois des créations d'une belle inspiration, tels les hymnes du patriarche Komitas (viie s.).

      La poésie du patriarche Nersès le Gracieux (xiie s.) atteint une grâce, une élégance, une simplicité et une vivacité telles que son auteur est considéré comme une des grandes figures de la poésie arménienne. Dans ses petits poèmes, il n'a pas dédaigné l'usage de la langue vulgaire, de la langue parlée par le peuple, dont le triomphe ne sera définitif que beaucoup plus tard.

      La poésie profane

      L'usage du parler populaire se répand timidement à partir du xiiie siècle. La production littéraire manifeste aussi une plus grande diversité de genres. À côté des œuvres didactiques et des chroniques, on voit apparaître les fabulistes, les auteurs traitant de médecine, de droit, d'agriculture. Avec le xive siècle commence la période la plus sombre de l'histoire arménienne. Depuis longtemps déjà, le pouvoir politique, en Arménie proprement dite, s'était écroulé sous les assauts des Seldjoukides, des Mongols, des Tartares. Vers la fin du siècle, le royaume de Cilicie, fondé par les grands féodaux émigrés dans cette région, est détruit à son tour sous les coups des Mameluks d'Égypte. Pourtant, après la disparition des grandes familles princières, une bourgeoisie naissante monte lentement et le peuple se groupe autour de ces nouveaux notables et du clergé.

      En s'ouvrant à l'Occident, la période cilicienne offrira de nouvelles perspectives à cette bourgeoisie, d'autre part encouragée, à l'est, par la Perse, soucieuse de prendre sous sa protection les éléments les plus entreprenants du peuple arménien.

      Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

      En raison de leurs nombreux malheurs, la domination ottomane et persane apparaissait aux Arméniens comme un fait irrévocable. Mais il n'était pas question, pour eux, de renoncer à leur particularisme ethnique. L'Église, la langue et la littérature étaient les armes et le rempart qui devaient maintenir la nation. Les œuvres du passé, sources de la conscience nationale, inspiraient les lettrés. Si ne s'élèvent pas alors de grands monuments littéraires, on assiste en revanche à un renouveau de la poésie populaire qui n'est plus l'apanage des clercs. Des poètes religieux, s'émancipant des disciplines séculaires, expriment des sentiments plus personnels. Les troubadours – les achoughs – reprennent la tradition de la poésie antérieure au christianisme, interrompue et masquée par le prosélytisme religieux et la prédominance ecclésiastique. Utilisant les formes les plus variées de la prosodie, leurs vers et leurs chansons touchent à tous les thèmes lyriques. Ni les développements didactiques et édifiants, ni les sujets inspirés des Écritures ne sont exclus. L'amour, la mort, le patriotisme, l'absence, les chants d'émigrés, la vanité du monde, son injustice et ses inégalités, la joie et les plaisirs, le sentiment de la nature alimentent cette poésie. L'allégorie, la satire, la complainte, la fable lui donnent ses formes les plus variées. Certains morceaux sont de petits chefs-d'œuvre par l'éclat des images, le rythme alerte, le réalisme robuste ou la bonhomie malicieuse. Au xiiie siècle, dans des vers bien venus, Frik ne craint pas, s'élevant contre Dieu, de dénoncer l'injustice du sort et la cruauté des puissants. Les chants d'amour de Nahabed Koutchak (xvie s.) font de lui le plus célèbre des troubadours, dont Sayat-Nova sera, au xviiie siècle, un des brillants représentants.

      Une période de décadence

      Ces poètes employaient le plus souvent la langue populaire, diversement marquée par les idiomes régionaux. Dès le xiiie siècle, la langue classique, celle de la liturgie et des premiers grands historiens, reculait devant la langue vulgaire. Bien qu'elle ait perdu de sa pureté primitive, elle restait cependant en usage dans les écrits doctrinaux et érudits, au demeurant de moins en moins nombreux. Au xviie et au xviiie siècle s'amorce un réveil, par le nombre et la diversité des ouvrages produits : chroniques, traductions des langues occidentales, écrits théologiques, liturgiques, historiques, géographiques, qui tous ont un caractère didactique et pratique. Mais il ne paraît plus d'œuvre proprement littéraire. La production de cette époque est du reste exportée, les Arméniens s'étant progressivement dispersés dans les grands centres de l'Orient et de l'Occident.

      Les œuvres les plus importantes de la littérature classique arménienne appartiennent donc à l'époque antérieure au xe siècle. Après de longs siècles de stagnation et des périodes de timide renouveau, une véritable renaissance littéraire s'est cependant produite au xixe siècle.

      Littérature moderne

      Le xixe siècle

      La grande dispersion des intellectuels qui se produit au cours du xviiie siècle laisse l'Arménie mutilée et désorientée. Ceux qui pensent ont quitté cette terre malheureuse pour fonder en Europe des foyers destinés à préserver et à perpétuer l'héritage culturel. Telle la congrégation fondée par l'abbé Mekhitar, qui s'adonne à la traduction en arménien des grandes littératures européennes. Les deux foyers les plus vivants de cette congrégation se trouvent à Venise et à Vienne. Si certains pères mekhitaristes sont tentés par la création poétique, la plupart se tournent résolument vers des travaux d'érudition. On leur doit de savantes grammaires, des dictionnaires, des ouvrages retraçant les grands moments de l'histoire arménienne. Les mekhitaristes sont avant tout des traducteurs ; mais ils transposent aussi les œuvres de l'ancienne langue (grabar) en arménien vulgaire. Pourtant, les pères travaillent en milieu clos et leurs efforts ne profitent guère qu'à eux. Leur insatiable curiosité ne se double pas d'un élan créateur et, dès qu'ils écrivent des poèmes, leur vaste érudition semble les paralyser. Ce n'est pas le grand poème épique Haïk le héros qui fait la renommée du père Pakradouni, mais ses travaux de grammairien et de traducteur. Les pères ne savent pas, non plus, ressusciter l'histoire. Leur littérature est figée et se réfère toujours aux grandes œuvres du Moyen Âge arménien, qu'elle démarque. Toutefois, leurs travaux d'érudition, leur action didactique et pédagogique ont été pour beaucoup dans le réveil culturel et plus particulièrement dans l'essor de la littérature arménienne à partir du xixe siècle.

      Au début du siècle, l'Arménie connaît une aube nouvelle après la longue nuit de l'isolement et de la souffrance. Pourtant les Russes apparaissent dans le Caucase et se heurtent de nouveau aux Perses et aux Turcs. En 1828, une partie de l'Arménie – dont la plaine d'Erevan – devient terre russe. Désormais, le pays sera scindé en deux : d'un côté l'Arménie turque sensible à l'influence occidentale et surtout française ; de l'autre l'Arménie russe tournée vers l'empire des tsars. Cette dernière se défait facilement des restes de l'ancienne langue et adopte le dialecte d'Erevan. L'instauration d'une langue vraiment populaire est en revanche plus difficile en Arménie turque, où les traditions sont plus tenaces. Cependant, grâce à l'influence des journaux, et spécialement du Massis, la langue vulgaire (astarabar) ne tarde pas à s'imposer. C'est alors le triomphe de la langue du peuple sur une langue savante, instrument de quelques écrivains scolastiques, ennemis du progrès. La littérature arménienne entre dans une phase nouvelle ; elle peut désormais se développer avec fraîcheur et liberté. Aux badvéli, prétentieux faiseurs de vers, succèdent de nouveaux poètes influencés par le romantisme : Bechiktachlian (1828-1868) et Terzian (1840-1909). Grâce aux nombreuses traductions de pièces étrangères, le théâtre connaît ses premiers essais qui, s'ils sont médiocres, n'en révèlent pas moins le goût naissant des Arméniens pour cet art. Mais la figure qui domine alors la littérature arménienne est un poète mort à vingt ans, Bédros Tourian (1852-1872). Né dans la misère et poursuivi par le destin, Tourian eut le temps de crier sa révolte et de l'immortaliser dans des pièces et dans des poèmes dont le plus attachant est Complaintes.

      Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

      es écrivains de cette période exaltent le souvenir de l'Arménie historique. En Arménie russe, une littérature fougueuse s'affirme dont le fondateur est Khatchadour Abovian (1804-1848). L'influence de ce dernier ne se manifesta pas tout de suite. C'est en 1858 qu'est publiée son œuvre maîtresse : Les Plaies de l'Arménie. Achevé en 1841, ce roman est également un manifeste. Abovian y invite le peuple à sortir de sa torpeur séculaire pour conquérir sa liberté. Cette œuvre, où ni la race ni la foi ne sont mises en question, a un grand retentissement. Elle marque la naissance, depuis longtemps désirée, d'une littérature réaliste et c'est la première œuvre artistique écrite en arménien moderne. L'influence d'Abovian se fait sentir sur Michael Nalbandian (1829-1866). Polémiste comme lui, il sera exilé pour ses idées révolutionnaires. Il invente un ton nouveau repris par le grand romancier Raffi (1835-1888). Tout en racontant la vie des Arméniens de Perse et de Turquie, Raffi puise son inspiration dans l'histoire nationale, met en lumière son passé glorieux et s'attache à attiser la révolte du peuple contre le joug ottoman. Le Fou, Les Étincelles, Samuel et Tchalaladdine comptent parmi les meilleures créations d'une œuvre abondante. Un autre écrivain de l'Arménie russe, Avétis Aharonian (1866-1947), a acquis une grande réputation par ses récits impressionnants de l'oppression que subissait la population de l'Arménie turque. Le théâtre révèle enfin un auteur original, Gabriel Soundoukian (1825-1912). La scène constitue pour lui un tremplin pour former le peuple. Il écrit de nombreux vaudevilles, mais ce sont ses comédies qui font de lui le plus grand classique du théâtre arménien. La Panique, Encore une victime et Pepo sont autant de condamnations d'une société fondée sur l'inégalité. Ces pièces ne perdent cependant pas leur caractère proprement arménien.

      Les symptômes précurseurs de grands changements apparaissent en Russie. Les Arméniens n'y restent pas insensibles. De nombreux écrivains vont d'ailleurs jouer un rôle important au sein des luttes populaires ; ils feront le lien entre la tradition nationale et la révolution soviétique. Avec Hovhannes Hovhannessian (1864-1929), une nouvelle poésie lyrique prend naissance. Son recueil Poésies a un grand retentissement ; aux motifs populaires des poèmes se mêlent déjà des thèmes révolutionnaires. Mais le véritable interprète de l'esprit arménien est un autre poète, Hovhannes Toumanian (1869-1923). Le folklore et la légende donnent à sa poésie fougue et fraîcheur. Sa contribution à la renaissance de la vieille épopée nationale, le roman épique David de Sassoun, est importante. C'est tout le pittoresque de l'Arménie qu'il révèle dans Anouche, peinture vivante des mœurs et des coutumes du pays ancestral. Sans trahir l'âme profonde de l'Arménie, il sait lui faire épouser l'idéal révolutionnaire. Il sera l'un des premiers à saluer la création de la nouvelle république soviétique d'Arménie en 1920.

      Chez les Arméniens occidentaux (Turquie), une activité littéraire intense se manifesta au cours du dernier quart du xixe siècle. Groupés autour du quotidien Haïrénik(La Patrie) et de Massis, devenu mensuel, Arpiar Arpiarian, Lévon Pachalian, Tigrane Gamsaragan, Archag Tchobanian et notamment Krikor Zohrab, brillant nouvelliste, fortement influencés par la littérature française, furent les initiateurs du mouvement qu'on a appelé le Réalisme littéraire arménien. Zohrab fut massacré en 1915. Tchobanian, parti très tôt en France, fonda à Paris la revue Anahit et continua son œuvre jusqu'à sa mort, en 1954. Le groupe se dispersa en 1895-1896, à la suite des massacres qui débutaient.

      Le xxe siècle

      Après la proclamation de la Constitution ottomane en 1908, des centaines d'intellectuels arméniens qui s'étaient réfugiés hors de Turquie regagnèrent ce pays. Une vive activité culturelle et littéraire reprit chez les Arméniens. Un poète de génie, Daniel Varoujan (1884-1915), demeure le symbole de cette époque. Il sait couler la violence de sa passion dans une langue raffinée. Poète d'Éros, il est aussi le chantre du peuple, dont il veut que la douleur soit sans désespoir. Les Chants païens, Les Frissons et Le Cœur de la race sont ses chefs-d'œuvre. Au nom de Varoujan est lié celui de Siamanto (1878-1915). Les deux poètes ont trouvé la même mort atroce dans les massacres turcs qui allaient suivre. Siamanto élève la voix pour rallumer les flambeaux d'amour et d'espoir de sa patrie. Medzarentz (1886-1908) a été trop tôt emporté par la maladie pour connaître le sort de Varoujan et de Siamanto ; à côté de ces poètes militants, il est le chantre de l'amour pur. Avec la publication, en 1914, de la Résurrection miraculeuse par Vahan Tékéyan (1878-1945), un grand poète s'était révélé. Momentanément absent de Constantinople, il a échappé aux massacres de 1915 et put poursuivre son œuvre dans la diaspora. Ce fut également le cas de Hagop Ochagan (1883-1947) qui s'était fait connaître vers 1910 avec ses contes et articles de critique. Sauvé des massacres de 1915, il a produit la plus grande partie de son œuvre dans la diaspora. Ses romans, Les Restants (les survivants), Le Pot de terre troué, et surtout son monumental Tableau de la littérature arménienne occidentale en dix volumes, analyse pénétrante et sans concession de la littérature arménienne moderne, en font la figure dominante de cette littérature. Cette brillante flambée des lettres arméniennes occidentales pendant les années qui suivirent l'illusoire Constitution de 1908 fut de courte durée et la dernière. La déclaration de la Première Guerre mondiale en 1914 permit au gouvernement turc de régler leur compte aux Arméniens. Il décida de supprimer la population arménienne de Turquie. En 1915 plus de deux millions d'Arméniens furent déportés vers les déserts du Sud. Les deux tiers de ce peuple furent massacrés. Ainsi prit fin la littérature arménienne occidentale.

      La création de la nouvelle république soviétique d'Arménie, en novembre 1920, est saluée par Toumanian et Hovhannessian et les écrivains de la première révolution de 1905 : Akop Akopian (1865-1935) qui soutient par ses poèmes la lutte ouvrière ; Chouchanik Kourghinian (1876-1927), dont le chant se fait l'écho de la souffrance et de la misère du peuple ; Vahan Terian (1885-1920) dont les poèmes sont inspirés par l'espoir qu'éveille en lui la révolution. Dès 1922, Tcharentz, Azat Vchtouni et Guenork Abov signent la Déclaration des Trois, qui appelle une ère nouvelle de la littérature, l'ère prolétarienne. Élisée Tcharentz (1897-1937) a assisté avec enthousiasme à la montée de la vague populaire et a chanté la révolution. Romancier, il se plaît à faire une satire des nationalistes dachnaks vaincus, dans Le Pays de Naïri, écrit en 1923, à une date où la rébellion nationaliste devant la soviétisation du pays a été réprimée. Souvent comparé à Maïakovski, Tcharentz nourrit sa poésie aux sources lyriques du Moyen Âge arménien pour la faire s'épanouir dans le réalisme. Victime du stalinisme, il meurt en pleine force créatrice, laissant un riche héritage où se distinguent des œuvres poétiques comme Poème héroïque, L'Aurore épique et L'Oncle Ali.

      Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

      L'Arménie soviétique ne tarde pas à attirer des écrivains qui veulent retrouver la terre ancestrale. Avedis Issahakian (1875-1957) qui, dans son poème Abou-Lala-Mahari, se faisait en 1903 le miroir du peuple déchiré, donne à sa poésie un nouvel élan d'enthousiasme dès qu'il prend contact avec l'Arménie nouvelle. Alexandre Chirvanzadé (1858-1935) aime à faire dans ses romans la chronique de la vie arménienne à la fin du xixe siècle. Il écrit pour le théâtre une célèbre satire politique, L'Allié de Morgan. Il est le continuateur de Soundoukian à la scène et de Raffi dans le roman. Le poète Hovhannes Chiraz (1914-1984) n'a pas connu les soubresauts de la révolution et œuvre sans trahir un atavisme lyrique et nostalgique. Le Chant de l'Arménie forme une des meilleures œuvres parmi celles que produit une pléiade de poètes où s'illustrent plus particulièrement Guevorg Emine (né en 1918), Maro Margarian (née en 1916), Sylva Kapoutikian (1919-2006) et Vagharchak Norentz (né en 1903). Naïri Zarian (1900-1969) introduit dans la poésie le thème kolkhozien. Il célèbre les hommes nouveaux, constructeurs de la patrie rajeunie. À ses qualités de poète s'ajoutent des dons de conteur. Mais la poésie se révèle différente de celle des siècles précédents. Le ton des lamentations a disparu, les plaies ont eu le temps d'être pansées, et c'est le thème soviétique qui s'impose. L'influence de Maïakovski est perceptible dans la jeune poésie, dont le principal représentant est P. Sevak. Les poètes ont le sentiment de vivre dans un monde nouveau et rêvent d'un avenir pacifique, qui compenserait enfin l'histoire sanglante de leur patrie. Si la poésie capte ainsi les forces vives de la littérature nationale, elle n'est pourtant pas la seule forme dans laquelle s'illustrent les écrivains. Un aîné comme Derenik Demird-jian (1877-1956) décrit dans ses récits et dans ses drames l'homme nouveau qu'a forgé le socialisme, mais il excelle surtout dans le roman historique – dont la Seconde Guerre mondiale et les années qui suivirent ont marqué le renouveau –, notamment dans son Vardanank, tiré de l'histoire nationale du ve siècle. On trouve dans la même veine Le Roi Pap de Stépan Zorian (1889-1967), et plus récemment les romans de Séro Khanzadian (1916-1998) dont le Généralissime Mekhitar connut une grande vogue. Un des grands noms de la littérature arménienne moderne est Zabel Essayan, née à Constantinople en 1878 ; elle a publié Dans les ruines, récits des massacres d'Adana en 1909, les romans Mon âme en exil, La Dernière Coupe, Heures de détresse, etc. Fixée en Arménie soviétique en 1934, elle y a publié, entre autres, Les Jardins de Silihtar, La Chemise de feu. En 1943, elle fut victime des purges staliniennes. Vahan Totoventz, né également en Turquie (1894-1938), s'est installé en Arménie soviétique après avoir séjourné aux États-Unis ; ses principaux romans sont Les Fleurs bleues, Les Colombes, La Vie sur l'antique voie romaine. Lui aussi fut victime du stalinisme. Movsès Arazi (1878-1964) a une nombreuse production surtout en nouvelles et récits, ainsi qu'une volumineuse étude sur Israël Ori, patriote arménien du xviiie siècle. Gourguen Mahari (1903-1969), après de nombreux recueils de poésie, s'est consacré à la prose ; son œuvre principale, Les Jardins qui brûlent, est une saisissante évocation de sa ville natale, Van, en Arménie turque, les Jardins étant la partie de la ville uniquement habitée par des Arméniens. Axel Bagountz (1899-1937) s'était révélé comme l'un des meilleurs prosateurs de l'Arménie soviétique. Après avoir publié Le Cheval blanc, Les Noyers de la fraternité, La Violette alpestre, etc., il fut victime des purges.

      Vartkès Pétrossian, premier secrétaire de l'Union des écrivains soviétiques d'Arménie, est né en 1932. Ses œuvres principales sont La Dernière Nuit, Croquis inachevés, Années vécues et non vécues, Esquisses arméniennes, Le Noyer solitaire. Vahakn Davtian (1922-1996) poursuit une vaste production poétique dont les principaux titres sont Le Matin du monde, Dans les montagnes de l'aube, Tonnerre d'été, La Chanson du vin, Fumée du foyer. Razmig Davoyan (né en 1940) est un des nouveaux poètes d'Arménie soviétique qui a publié Entre les ombres, Requiem, Le Massacre des croix, Ouvre ton écorce. Matevossian Hrand (1935-2002), nouvelliste et scénariste, a publié Août, C'est nous, nos montagnes, etc. Berdj Zeitountzian (né en 1938) est romancier et dramaturge, auteur de Les Voix de notre quartier, Loin de nous, Comédie sans personnages, Pour Paris, etc.

      Tous ces nouveaux écrivains, avec bon nombre d'autres de leur génération, ont des préoccupations et des curiosités nouvelles, orientées vers des problèmes humains.

      Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

      Après la tragédie de 1915, les rescapés et les survivants des Arméniens occidentaux, dispersés un peu partout, et principalement au Liban, aux États-Unis et en France, développent ce qu'on a appelé la littérature diasporique. Des livres, des revues, des hebdomadaires, des prix littéraires soutiennent cette littérature. Hamasdegh, Antranik Zaroukian, Chahan Chahnour – connu dans la littérature française sous le nom d'Armen Lubin (l'auteur arménien de Retraite sans musique est en effet aussi l'émouvant poète français du Passager clandestin, de Sainte-Patience et de Transfert nocturne) –, Zareh Vorpouni, Vahram Mavian, Vazkène Chouchanian, Aram Haîgaz... ont animé et animent cette littérature, ayant comme thème majeur la survie de leur peuple et la recherche de la justice qui lui est due.

      — Kegham FENERDJIAN

      — Marguerite LEUWERS-HALADJIAN

      Accédez à l'intégralité de nos articles

      • Des contenus variés, complets et fiables
      • Accessible sur tous les écrans
      • Pas de publicité

      Découvrez nos offres

      Déjà abonné ? Se connecter

      Écrit par

      Classification

      Médias

      Arménie : carte physique - crédits : Encyclopædia Universalis France

      Arménie : carte physique

      Arménie : drapeau - crédits : Encyclopædia Universalis France

      Arménie : drapeau

      L'Arménie, République socialiste soviétique - crédits : Hulton Archive/ Getty Images

      L'Arménie, République socialiste soviétique

      Autres références

      • L'ARMÉNIE, DES ORIGINES AU IVe SIÈCLE (exposition)

        • Écrit par
        • 1 569 mots

        En faisant découvrir au grand public les trésors de l'Arménie ancienne, l'expositionL'Arménie des origines au IVe siècle organisée à Nantes du 23 mars au 15 septembre 1996, au musée Dobrée, a été l'une des manifestations les plus originales de l'année 1996. Le projet de...

      • ARMÉNIENNE CATHOLIQUE ÉGLISE

        • Écrit par
        • 328 mots

        L'Église d'Arménie, détachée de Rome à la suite du concile de Chalcédoine (451), est toujours restée séparée de l'Église catholique aussi bien que de l'Église orthodoxe. En marge d'elle se forma une communauté « uniate » : l'Église arménienne catholique....

      • ARTABAN LES

        • Écrit par
        • 1 016 mots

        Plusieurs rois parthes arsacides portèrent le nom d'Artaban. La lutte que la tribu iranienne des Parthes engagea, sous l'impulsion d'Arsakès, contre les Séleucides, vers ~ 250, avait pour objectif dernier, au-delà de la reconquête de l'indépendance nationale, la reconstitution...

      • ASIE (Géographie humaine et régionale) - Dynamiques régionales

        • Écrit par , , , et
        • 24 799 mots
        • 10 médias
        ...réseaux expliquent la place d'Istanbul comme point de convergence de migrants clandestins venus de toute la région (Kurdes, Irakiens, Afghans, Iraniens). L'Arménie peuplée de seulement 3 millions de personnes reste en relation étroite avec une diaspora de plus de 2 millions de personnes. Les difficultés...
      • AZERBAÏDJAN

        • Écrit par , et
        • 6 544 mots
        • 3 médias
        Au sud-ouest du pays, la province du Nakhitchevan (5 500 km2) est séparée, depuis 1924, du reste de l'Azerbaïdjan par une étroite portion deterritoire arménien. Dans l'ouest de l'Azerbaïdjan se trouve la région autonome du Haut-Karabakh (4 400 km2). Elle était, à la fin de...
      • Afficher les 26 références

      Voir aussi