- 1. États-Unis : une dynamique de croissance fortement poussée par l’État
- 2. Europe : des gouvernements faibles face au décrochage économique
- 3. Japon : une croissance faible malgré un relâchement des salaires
- 4. Chine : une fébrilité politique face aux tendances déflationnistes
- 5. Russie : Les bénéfices de l’économie de guerre
- 6. Inde : croissance exceptionnelle et bilan social désastreux
- 7. Brésil : de bons résultats économiques dans un environnement défavorable
- 8. Argentine : austérité et dérégulation
- 9. Afrique subsaharienne : une croissance entravée
ÉCONOMIE MONDIALE 2024 : croissance faible, désinflation et fragmentation accrue
Article modifié le
Japon : une croissance faible malgré un relâchement des salaires
Le Premier ministre japonais Fumio Kishida, devenu très impopulaire en raison de son incapacité à venir à bout de l’inflation et des scandales financiers impliquant certains membres de son parti, cède la place en octobre 2024 à Shigeru Ishiba, lui aussi issu du parti de droite conservatrice, le Parti libéral-démocrate. Ce dernier décide la dissolution de la Chambre basse pour pouvoir mettre en œuvre sa politique en matière économique contre la stagnation de l’économie grâce au soutien des revenus des ménages modestes. En 2024, le Japon est touché par des catastrophes naturelles : le séisme de la péninsule de Noto, survenu le 1er janvier et, fin août, le typhon Shanshan, qui provoque le déplacement de millions de personnes et affecte les récoltes et l’activité industrielle.
En fin d’année 2023, le gouvernement avait décidé un plan de relance de taille colossale (3 % du PIB), dont deux des trois axes principaux visaient les ménages : stimuler une croissance durable des salaires et atténuer les effets de la hausse des prix sur le budget des ménages, le troisième axe concernant l’offre. Néanmoins, la croissance reste faible (0,3 %). Lors de la négociation collective de printemps – le shunto, littéralement « combat de printemps » –, la Confédération japonaise des syndicats, le Rengō, demande une hausse des salaires de plus de 5 %, la plus forte revendiquée depuis trente-cinq ans, et obtient 2,5 % – un record depuis 1993, toutefois à relativiser en raison de la hausse de prix.
En matière monétaire, à l’inverse des baisses de taux des banques centrales occidentales, le Japon décide d’abandonner sa politique de taux d’intérêt négatifs en passant de –0,1 % à 0,25 %. Le cours du yen s’est fortement déprécié dans la première partie de l’année (de 140 à 160 yens pour 1 dollar), ce qui a nourri une inflation importée avant de se redresser pour retrouver son niveau initial. Le travail des personnes âgées (plus de 10 % des travailleurs ont 80 ans ou plus) continue à se développer en raison de la faiblesse de la plupart des retraites, des besoins de main-d’œuvre et des aménagements gouvernementaux destinés à repousser l’âge limite du travail.
La suite de cet article est accessible aux abonnés
- Des contenus variés, complets et fiables
- Accessible sur tous les écrans
- Pas de publicité
Déjà abonné ? Se connecter
Écrit par
- Jean-Pierre FAUGÈRE : professeur émérite de sciences économiques, université Paris-Sud
Classification
Médias
Voir aussi
- RUSSIE FÉDÉRATION DE, économie
- SALAIRE
- SANCTIONS
- LOGEMENT POLITIQUE DU
- PAUVRETÉ
- ALLEMAGNE, économie
- AFRIQUE, économie
- CHANGEMENT CLIMATIQUE
- BRÉSIL, économie
- CHINE, économie
- DÉSINFLATION
- MARCHÉ DU TRAVAIL
- POLITIQUE MONÉTAIRE
- INDE, économie
- CROISSANCE ÉCONOMIQUE
- JAPON, économie
- ÉCHANGE, économie
- ROYAUME-UNI, économie
- ÉCONOMIE, analyse macroéconomique et politiques économiques
- FRANCE, économie
- IMMIGRATION
- ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE, économie
- SCHOLZ OLAF (1958- )
- OCS (Organisation de coopération de Shanghai)
- BRICS+
- KISHIDA FUMIO (1957- )
- MELONI GIORGIA (1977- )
- MILEI JAVIER (1970- )
- STARMER KEIR (1962- )
- ISHIBA SHIGERU (1957- )