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ÉGYPTE Géographie

Capitale Le Caire
Langue officielle Arabe
Population 114 535 772 habitants (2023)
    Superficie 1 001 450 km²

      Article modifié le

      L'équation démographique de la vallée fertile

      Canal de Suez - crédits : Hulton Archive/ Getty Images

      Canal de Suez

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      Dans cette Égypte grande comme deux fois la France où l'aridité domine, la partie habitée n'est guère plus grande que les Pays-Bas. La comparaison avec le pays du delta du Rhin et de la Meuse ne s'arrête pas là puisque, jusqu'au milieu du xixe siècle, ils comptaient le même nombre d'habitants et faisaient figure alors de pays les plus denses du monde. Ensuite, la divergence a été des plus extrêmes. Si, durant le xixe siècle, les experts s'inquiétaient du manque de main-d'œuvre disponible pour mettre en œuvre les grands chantiers conduits par les Khédives, rapidement la donne s'inversa, s'accompagnant d'un fort exode rural en faveur, surtout, des plus grandes villes, Le Caire bien sûr, mais aussi des villes neuves du canal de Suez inauguré en 1869.

      Depuis un siècle, la population de l'Égypte a augmenté de plus de 650 p. 100 ; elle compte désormais 4,5 fois plus d'habitants que les Pays-Bas, soit 72,6 millions de personnes en 2006 et sa densité moyenne atteint 2 000 habitants par kilomètre carré utile, ce qui en fait le pays le plus dense du monde – deux fois plus que le Bangladesh hors d'eau.

      Le taux moyen de croissance annuel de la population entre 1996 et 2006 s'établit à 2,05 p. 100, contre 2,08 p. 100 pour la décennie antérieure et 2,8 p. 100 pour la période courant de 1976 à 1986. Son fléchissement a donc été bien moindre durant la dernière décennie que durant la précédente. En dix ans, la population de l'Égypte s'est accrue de 13 millions d'individus, soit l'équivalent de sa population totale en 1920 ! Cette croissance toujours soutenue tient surtout à l'élargissement, au moins jusqu'en 2010, de la cohorte des femmes en âge de procréer (15-45 ans). La population de l'Égypte pourrait se stabiliser autour de 140 millions d'habitants à la fin du xxie siècle, mais ce scénario est fortement dépendant du maintien ou non à l'étranger d'une main-d'œuvre expatriée, de l'ordre de 3,9 millions de personnes et, bien entendu aussi, d'une baisse continue de la fécondité aujourd'hui de 3,1 enfants par femme (contre 6,7 en 1960), comme du maintien d'un âge d'accès au mariage des femmes très élevé ; 26 ans en moyenne contre moins de 20 ans en 1969.

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      La population égyptienne est des plus homogènes ; musulmane sunnite à 94 p. 100 et presque totalement sédentarisée. Les Bédouins nomades, marginalisés, n'ont plus de présence significative que dans le Sinaï. L'identité tribale redevient toutefois, surtout en Haute-Égypte, une des clés de la représentation politique. La communauté copte compte pour 6 p. 100 de la population ; pratiquement disparue du Delta, elle se concentre en Moyenne-Égypte, entre Minya et Assiout, et au Caire. 70 p. 100 de la population, née après 1981, n'a connu que le régime de Hosni Moubarak et 90 p. 100 sont nés après la mort du président Nasser (1970) ; les attentes de cette population jeune représentent un défi pour le régime. Certes, la part des moins de 15 ans va se réduire de 10 p. 100 d'ici à 2025, pour s'établir à 23 p. 100 de la population totale, mais celle de la population en âge de travailler va s'accroître de 6 p. 100, pour s'établir à 68 p. 100. Alors que la part de l'emploi agricole décline, ces pressions sur le marché du travail amplifient la réorientation de l'économie vers les services, le commerce et la micromanufacture ; des secteurs marqués par l'auto-emploi et une très faible productivité. Le secteur public continue aussi de pallier la faible création d'emplois productifs, mais avec des fonctions sous-payées accélérant la généralisation du double-emploi. La part des salaires dans le P.I.B. a décliné de 44 p. 100 au milieu des années 1970 à 21 p. 100 en 2005.

      L' appauvrissement inévitablement associé à cette faible capacité de l'économie égyptienne à générer emplois et richesses est encore renforcé par des modalités très exclusives de redistribution des revenus et des rentes : les 10 p. 100 les plus riches consomment autant que les 50 p. 100 les plus pauvres. En 2005, après vingt ans d'amélioration de leur niveau de vie, les urbains sont en moyenne plus pauvres qu'en 1960, et la situation des ruraux est nettement plus mauvaise qu'au début des années 1980.

      Ces inégalités croissantes ne sont pas sans effet sur le potentiel humain de développement à long terme et l'accroissement des disparités régionales. Dans les campagnes de Haute-Égypte, plus de la moitié des plus de 15 ans n'y étaient toujours pas alphabétisés en 2004, comme dans les villages des deux régions neuves du Delta, la Behera et le Kafr el-Cheikh. Ailleurs, plus de 60 p. 100 de la population est alphabétisée, et ce taux s’élève à plus de 80 p. 100 dans les grandes villes. Le décrochement de la Vallée s'est amorcé avec le passage à l'irrigation pérenne du Delta, les bonifications du sol, l'ouverture sur la Méditerranée et l'industrialisation (la vallée génère moins de 5 p. 100 de la valeur ajoutée industrielle). Malgré les efforts de rééquilibrage des années 1960, le déclin démographique du Sud était inéluctable ; il comptait 37 p. 100 des Égyptiens en 1897, mais seulement 25 p. 100 en 2006.

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      Égypte : carte physique - crédits : Encyclopædia Universalis France

      Égypte : carte physique

      Égypte : agriculture - crédits : Encyclopædia Universalis France

      Égypte : agriculture

      Désert du Sinaï - crédits : De Agostini/ Getty Images

      Désert du Sinaï

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