GONOCOQUE ET GONOCOCCIES
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Recrudescence des gonococcies
La surveillance exercée par le réseau Rénago, ainsi que par le réseau des centres de dépistage (RésIST), confirme que la fréquence des infections à gonocoques augmente régulièrement et de manière importante depuis le début des années 2000, chez l’homme comme chez la femme. Cette recrudescence tranche avec la baisse des cas observés entre 1986 et le milieu des années 1990. À titre d’exemples, on a noté 13 800 nouveaux cas en 2021 et 82 millions dans le monde en 2020 selon l’OMS. Cette augmentation reflète un relâchement des comportements de prévention adoptés face au sida, dont témoigne également l’augmentation des cas de syphilis et d’infections à Chlamydia. En 2020, environ la moitié des cas d’infections gonococciques déclarés par le réseau RésIST concernait des hommes homo- ou bisexuels. Les co-infections par le gonocoque et le VIH représentaient 7 % des cas.
Les infections à gonocoques peuvent être prévenues par l’usage du préservatif, en cas de partenaires multiples ou de relation avec un nouveau partenaire. Trois éléments sont essentiels pour limiter les risques en cas de contamination : d’une part, le diagnostic précoce et le traitement rapide de ces infections par une injection unique de ceftriaxone ; d’autre part, l’information des partenaires, en particulier féminines, l’infection étant souvent silencieuse chez elles.
Certains pays ont mis en place des stratégies de dépistage systématique visant les personnes qui présentent des risques élevés d’IST ou qui consultent dans des centres de dépistage des IST. Les hommes homo- ou bisexuels et les femmes jeunes, chez qui l’infection est fréquente et peut entraîner une stérilité, sont plus particulièrement ciblés. Des kits d’autoprélèvement vaginal pour la recherche couplée de gonocoque et de chlamydiae ont été commercialisés, qui permettent aux femmes d'effectuer elles-mêmes le prélèvement, transmis ensuite au laboratoire d’analyses. Ce dépistage est recommandé chez les femmes de moins de 25 ans. Le dépistage du gonocoque par des prélèvements anaux et oropharyngés devrait également être encouragé chez les hommes ayant des rapports avec de multiples partenaires masculins, puisque les infections anales et pharyngées sont généralement asymptomatiques. La fréquence du portage de gonocoques dans la gorge était proche de 10 % dans des études américaines menées auprès d’hommes homosexuels consultant dans des centres de dépistage. Les chiffres sont probablement semblables en ce qui concerne le portage vaginal chez les femmes de moins de 25 ans qui ont de multiples partenaires.
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Écrit par
- Chantal GUÉNIOT : docteur en médecine
- Encyclopædia Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis
Classification
Média
Autres références
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MST (maladies sexuellement transmissibles)
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- 3 642 mots
On analysera les questions particulières que le mode de transmission implique en prenant l'exemple de la plus fréquente des M.S.T., la gonococcie, véritable révélateur des comportements sexuels à risque. -
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