- 1. Caractéristiques des grands singes
- 2. Habitat et écologie
- 3. Organisation sociale
- 4. Langage et communication
- 5. Utilisation d'outils
- 6. Automédication chez les grands singes ?
- 7. Brève histoire de l'étude des grands singes
- 8. Des grands singes menacés
- 9. Santé des grands singes – santé des humains
- 10. Bibliographie
- 11. Site internet
GRANDS SINGES
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Organisation sociale
L'organisation sociale diffère selon les espèces de grands singes : les orangs-outans sont semi-solitaires, les gorilles vivent en « harem » (un mâle adulte reproducteur, plusieurs femelles et leurs jeunes), les chimpanzés et les bonobos vivent en communauté avec plusieurs mâles et femelles adultes.
De la solitude à la communauté lâche pour les orangs-outans
Dans les forêts de Bornéo et de Sumatra, les mâles orangs-outans sont généralement solitaires, recherchant des fruits pour s'alimenter, mais aussi des femelles pour s'accoupler. Les femelles adultes vivent la plupart du temps seulement avec leur jeune, ce dernier restant avec sa mère jusqu'à l'âge de huit ans environ. Les adolescents, indépendants, peuvent former des groupes sociaux temporaires. Les observations de terrain montrent que les orangs-outans peuvent se regrouper dans des zones très riches en fruits et ainsi se nourrir dans les mêmes arbres et se déplacer ensemble avec leurs congénères. On parle alors de « communauté lâche » : bien qu'ils soient la plupart du temps solitaires, ils peuvent se retrouver régulièrement.
Une vie en « harem » pour les gorilles
Les gorilles vivent principalement en « harem », formant un groupe social composé généralement d'un mâle adulte reproducteur (appelé dos argenté en raison de son pelage gris argent sur cette partie du corps), de femelles adultes (en général trois ou quatre) et de leurs jeunes. Le dos argenté protège le groupe des dangers extérieurs (autres mâles adultes, prédateurs…). Cette structure sociale est très cohésive, tous les individus du même groupe étant constamment ensemble. Il existe toutefois des différences en fonction des deux espèces de gorilles et de l'âge des individus. Contrairement aux gorilles de l'Ouest, où il est presque systématique d'avoir un seul mâle reproducteur par « harem », les gorilles de l'Est peuvent former des groupes avec plusieurs mâles adultes pouvant avoir accès aux femelles. Il s'agit le plus souvent de mâles nés dans le groupe et n'ayant pas migré à la puberté. Les gorilles mâles et femelles quittent en général leur groupe natal vers l'âge de dix ans. Chez les deux espèces, de jeunes mâles sont solitaires le temps de former leur « harem ». Il est également possible d’observer dans certains cas des groupes de mâles adolescents et jeunes adultes, le temps qu’ils constituent leur propre groupe reproducteur. Un mâle vieillissant ou malade peut ainsi se faire « voler » ses femelles s'il n'arrive plus à faire face aux tentatives de mâles adultes plus jeunes cherchant à former ou agrandir leur groupe social. Les jeunes femelles ne quittent pas le groupe d’elles-mêmes, mais se font aussi « voler » par un mâle adulte d’un autre groupe ou solitaire.
Une vie en communautés pour les chimpanzés et les bonobos
Les chimpanzés et les bonobos sont les plus sociaux des grands singes. Ils vivent en communauté multimâle-multifemelle composée de plusieurs mâles adultes, plusieurs femelles et leur progéniture. Ces communautés, comprenant entre une dizaine et une centaine d’individus environ, sont organisées en « fission-fusion » : des sous-groupes se forment et changent de composition et de taille régulièrement, notamment en fonction de la disponibilité en fruits. Ainsi, il est plutôt rare de voir ensemble tous les individus d’une même communauté. Chez les bonobos, la cohésion est plus importante et les sous-groupes formés sont plus grands relativement à la taille de la communauté. Chez les deux espèces, les mâles sont philopatriques : nés dans une communauté, ils y restent toute leur vie. Quant aux femelles, elles quittent le groupe à leur maturité sexuelle pour les chimpanzés (vers l’âge de 10 ans) et un peu plus tôt pour les bonobos (vers l’âge de 7 ans) pour s'installer dans une nouvelle communauté. Ainsi, les femelles adultes d'une société multimâle-multifemelle, contrairement aux mâles, n'ont pas forcément de liens de parenté. Chez les bonobos, les femelles peuvent visiter plusieurs communautés durant plusieurs mois avant de s'installer.
Bien que chimpanzés et bonobos aient des structures sociales proches, des différences majeures existent. Les chimpanzés sont plus territoriaux et patrouillent régulièrement le long des frontières de leur territoire (bien que ce ne soit pas observé chez toutes les communautés) contrairement aux bonobos qui sont plus tolérants et peuvent se nourrir sur un même arbre avec les membres d'une autre communauté (ce qui est extrêmement rare pour les chimpanzés). Chez les chimpanzés, les mâles dominent hiérarchiquement les femelles, et seul un mâle est dominant sur tous les autres individus. Chez les bonobos, il y a une codominance mâle-femelle. Ainsi, il n'est pas rare de voir une ou plusieurs femelles agresser un mâle bonobo. Enfin, cette particularité chez les bonobos se manifeste aussi par des rapports sexuels fréquents qui constituent le ciment de leur société. Ils permettent de gérer les tensions, que celles-ci soient liées à l'arrivée dans un arbre riche en fruits (l’abondance de nourriture provoquant alors une excitation générale) ou à des agressions entre individus. Les femelles bonobos, contrairement aux chimpanzés, acceptent la copulation tout au long de leur cycle et pas seulement lors de l'ovulation.
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Écrit par
- Victor NARAT : vétérinaire, docteur ès sciences, chargé de recherche CNRS
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