LLOYD HAROLD (1893-1971)
Un des acteurs comiques les plus populaires du cinéma américain, Harold Lloyd fut à son apogée dans les années trente. Il imposa un personnage, l'optimiste, à qui tout réussit au milieu des pires catastrophes, et une silhouette, celle d'un jeune homme timide, portant lunettes d'écaille et canotier.
Entre 1917 et 1921, Lloyd tourne plus de cent courts métrages dont certains sont excellents : Le Royaume de Tulipatan (His Royal Slyness, 1919), Le Manoir hanté (Haunted Spooks, 1920), Pour le cœur de Jenny (An Eastern Western, 1920), délirantes parodies des superproductions historiques, des films d'épouvante et des westerns. Lloyd, devenu célèbre, se lance dans le long métrage. Marin malgré lui (A Sailor Made Man, 1921) ouvre la voie à plusieurs chefs-d'œuvre : Monte là-dessus(Safety Last, 1923) qui connaît un énorme succès grâce à la prodigieuse escalade d'un gratte-ciel par Lloyd, Vive le sport (The Freshman, 1925) et Silence, on tourne (Movie Crazy, 1932). Mais Lloyd résiste mal à l'avènement du parlant. Soupe au lait (Milky Way, 1936) et Quel mercredi (Mad Wednesday, 1947), bien que signés par Mc Carey et Preston Sturges, montrent un incontestable déclin. Après l'échec de Quel mercredi, Lloyd se retire et connaît un relatif oubli. Raymond Borde en donne la raison : « Lloyd c'était le rire. Un rire pur, brutal, qui écartait tous les faux sens métaphysiques et qui donnait si peu de prise au mythe petit-bourgeois du clown douloureux que, dans les garde-fous de la culture, il n'a pas laissé de traces. »
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Écrit par
- Jean TULARD : professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne
Classification
Média
Autres références
-
BURLESQUE COMÉDIE, cinéma
- Écrit par Claude-Jean PHILIPPE
- 3 086 mots
- 10 médias
...unanimiste, hâtif et inspiré, de Mack Sennett se substituèrent, au cours des années vingt, les silhouettes affirmées de Charlot, Buster Keaton, Harry Langdon, Harold Lloyd, Laurel et Hardy. On ne dira jamais assez la prodigieuse richesse de cette période. Longtemps, Chaplin, seul, retint l'attention, mais nous...