ISLANDE
Nom officiel | République d'Islande |
Chef de l'État | Halla Tomasdottir - depuis le 1er août 2024 |
Chef du gouvernement | Kristrun Frostadottir - depuis le 21 décembre 2024 |
Capitale | Reykjavik |
Langue officielle | Islandais |
Population |
393 349 habitants
(2023) |
Superficie |
103 000 km²
|
Article modifié le
La littérature
Même s'il est encore trop mal connu en France, le phénomène islandais – littéraire, notamment – est tellement extraordinaire que les spécialistes parlent volontiers de « miracle ». Ce pays à la population minuscule a su donner aux lettres européennes, dès le xiie siècle et presque sans discontinuer, l'une des plus remarquables littératures de l'Occident.
L'ère de la grandeur
Les Islandais n'ayant appris à écrire, aux divers sens du mot, qu'après la christianisation de leur île (999) et selon les enseignements de l'Église, il n'existe pas d'œuvre de leur main antérieure à 1100 approximativement. Et leurs premiers écrits accusent fortement l'influence de la littérature hagiographique, du style clérical dit style savant (lœrᵭumstil), et d'une conception du monde orientée par l'augustinisme.
Pourtant, dès le commencement, la littérature islandaise présente trois caractères originaux : elle bénéficie, presque d'emblée, d'écrivains de génie qui mènent immédiatement certains genres, histoire et récit en prose en particulier, à un point de perfection ; elle est le fait d'auteurs qui, presque tous, ou bien descendent directement de Vikings célèbres (on se rappellera que, vers 1050, le phénomène viking a disparu) et, à ce titre, gardent quelque chose d'un esprit d'aventure, d'entreprise et d'ouverture, ou bien restent comme imprégnés d'une conception active, énergique, de la vie et du destin ; surtout, elle possède, selon toute probabilité, une tradition orale prodigieusement riche où se mêlent non seulement les souvenirs récents des actes prestigieux des ancêtres célèbres – Norvégiens, Danois et Irlandais en majorité –, mais encore les évocations de textes anciens, religieux ou profanes, nés dans toute la Scandinavie antérieurement au ixe siècle et, de plus, partiellement, les grandes traditions sacrées ou épiques du monde germanique.
Pendant deux siècles, toute l'Islande s'est mise à écrire sur tous les sujets en usage à l'époque et, en ce qui concerne les textes eddiques et scaldiques en particulier, il est presque impossible, dans la plupart des cas, de décider s'ils ont été fidèlement retranscrits selon une tradition orale bien vivante, ou s'ils ne l'ont que partiellement été, ou même s'ils ont purement été inventés à partir de réminiscences plus ou moins vagues. Néanmoins, pour la commodité de la présentation, on a l'habitude, après avoir fait droit au rôle éminent des deux initiateurs, Ari Þorgilsson inn fróᵭi et Saemundr Sigfússon inn fróᵭi, de distinguer dans la production de l'Islande médiévale quatre courants, probablement successifs, mais en fait souvent parallèles : l'eddique, le scaldique, le clérical et le (para-)historique.
De Saemundr inn fróᵭi (le Savant, le Sage ; 1056-1133), dont toute l'œuvre est perdue, on ne sait rien sinon qu'il écrivit en latin une chronique des rois de Norvège, qui a dû donner le ton et servir de modèle à l'historiographie islandaise. En revanche, on est mieux renseigné sur Ari inn fróᵭi (1067 ou 1068-1148), prêtre-chef (goᵭi), qui composa, entre autres ouvrages, l'Íslendingabók (Livre des Islandais) dans lequel il raconte l'histoire de l'île, de la colonisation à ses jours, en passant par la christianisation. Par sa volonté de rigueur scientifique, étonnante pour l'époque, par sa façon d'utiliser ses sources et d'en faire la critique, surtout par son style, rapide sans sécheresse, il met au point le type d'écriture d'une littérature qui saura maintenir ses trois grandes qualités : l'objectivité, la précision, le dynamisme. Il se pourrait qu'Ari ait été aussi l'inventeur d'une œuvre unique en son genre dans la littérature mondiale, et qui connaîtra de nombreuses versions ou remaniements en Islande, le Livre de la colonisation qui relate l'installation des quatre cents premiers occupants de l'île, et dont dérive très certainement toute la littérature de sagas.
La poésie eddique
La découverte, au xviie siècle, d'un manuscrit datant du xiiie siècle, le Codex regius, dont le contenu est incontestablement bien antérieur, a confirmé l'existence, chez les Islandais, d'un grand nombre de traditions remontant au paganisme pangermanique. Ces textes, anonymes, divers par l'origine (Norvège et Islande surtout) et la date (échelonnés peut-être du viie au xiiie siècle), retracent dans des formes et des genres multiples, au fil de l'évolution disparate des techniques, toute l'histoire cosmogonique, mythologique, épique et héroïque de ce que l'on entend par le Nord. Documents irremplaçables, ils éclairent d'un jour décisif sa préhistoire, en même temps qu'ils la rattachent clairement au monde indo-européen sans négliger pour autant de vieilles traditions noroises, finnoises ou même chamanistes. Ils se groupent d'eux-mêmes en deux catégories : les poèmes mythologiques où se détachent l'extraordinaire Völuspá (Prédiction de la voyante) avec ses visions dantesques, les subtils Hávamál (Dits du Très-Haut) qui condensent la sagesse nordique ancienne, la troublante Skírnisför (Voyage de Skírnir), aux implications animistes, érotiques et magiques ; et les poèmes héroïques qui donnent la version nordique de l'histoire de Siegfried-Sigurᵭr, vainqueur du dragon, et de ses ancêtres : ici, c'est toute la Germania qui parle sur des thèmes, bien connus depuis Wagner. D'un art extrêmement concerté, écrits pour des Vikings, et donc exaltant des valeurs d'action et de triomphe sur le destin, baignant dans un halo magique assez fascinant, les poèmes de l'Edda constituent une remarquable collection de chefs-d'œuvre. S'y ajoute le curieux manuel composé vers 1230 par Snorri Sturluson, précisément pour rendre intelligibles certaines obscurités de ces textes, et que l'on appelle Edda de Snorri.
La poésie scaldique
Née en même temps sans doute que les textes les plus anciens du genre eddique, et qu'elle soit littérature magique, funéraire ou destinée à célébrer un grand de ce monde, la poésie scaldique semble spécifiquement scandinave. Encore qu'elle ait pu exister dès le vie siècle, elle n'est attestée pour la première fois qu'au ixe siècle avec l'œuvre du Norvégien Bragi le Vieux, auteur de la Ragnarsdrápa, description amoureuse d'un beau bouclier historié. Elle va connaître un prodigieux succès chez les Islandais, attirés sans doute par les prouesses techniques qu'elle exige. En effet, elle se sert d'un mètre particulier, le dróttkvaett aux multiples variantes, d'une complication qui égale les plus belles contorsions de nos grands rhétoriqueurs, et n'existe pas sans l'utilisation de procédés torturés dont le caractère commun est d'éviter à tout prix le terme propre et la phrase discursive, entre autres le heiti – sorte de synonyme – et la kenning, ou métaphore filée. Ce genre aura fleuri sans discontinuer jusqu'au xive siècle, faisant souvent partie intégrante des sagas, et il est difficile de dire dans quelle mesure les Islandais, de nos jours encore, échappent à sa fascination.
Il a trouvé un maître dès le xe siècle en la personne du Viking Egill Skallagrímsson (910 ?-990), auteur, entre autres chefs-d'œuvre, de l'inoubliable Sonatorrek (Perte irréparable des fils), où la douleur paternelle se trouve peu à peu sublimisée en extase poétique. Au siècle suivant, Kormákr Ögmundarson célèbre la belle Steingerᵭr en poèmes amoureux qui feront école, tandis que se lève toute une génération de poètes de cour que domine Sighvatr Þórᵭarson (995 ?-1045), chantre de saint Olaf, auteur de fort beaux poèmes savants comme les Austrfararvísur (Strophes sur un voyage à l'Est) et les Bersöglísvísur (Strophes à cœur ouvert). Nombreux seront les successeurs de Sighvatr – citons le Geisli (Le Rayon) d'Einarr Skúlason au xiie siècle, les essais de Snorri Sturluson et de ses neveux Sturla Þórᵭarson et Óláfr Hvítaskáld au xiiie siècle –, mais le genre dégénérera assez vite pour se réfugier dans de pures prouesses techniques comme le Háttalykill (c'est-à-dire Clavismetrica) de Hallr Þórarinsson et Rögnvaldr kali (xiie s.) ou le Háttatal (Dénombrement des mètres) de Snorri Sturluson (1222).
La littérature de clercs
Dès son implantation dans l'île, l'Église s'est appliquée à imposer ses sujets d'inspiration et son type d'écriture. Elle l'a fait avec souplesse, respectant à la fois le génie conteur des Islandais et des traditions dont ils vivaient encore, créant des écoles et formant des évêques conscients de l'originalité de leur peuple. Il s'ensuit qu'en poésie c'est sous l'influence des scaldes et des textes eddiques que naîtront des chefs-d'œuvre comme l'anonyme Sólarljóᵭ (Lai du soleil, vers 1200) ou, au xive siècle, le pathétique Lilja (Le Lys) écrit par le moine Eysteinn Ásgrímsson à la gloire de la Vierge Marie. En prose, les clercs s'intéressent très tôt aux sciences exactes, astronomie et mathématiques en particulier, à la grammaire, à la rhétorique et surtout à la jurisprudence : au Premier Traité grammatical (fin xiie s.) qui atteste un philologue au sens moderne du mot répond le surprenant Grágás (xiiie s.), recueil de lois et de coutumes qui reprend les codes norvégiens antérieurs. Surtout, à l'imitation des vitae latines, les Islandais se mettent à écrire la biographie, d'abord de leurs évêques (Byskupasögur), puis de leurs ancêtres ou contemporains : de là vient la littérature de sagas, qui doit beaucoup également au genre historique qui avait débuté, on l'a vu, avec Ari et Saemundr. Ceux-ci avaient été rapidement imités, et l'on compte un nombre respectable de sagas consacrées aux deux rois norvégiens Óláfr Tryggvason et Óláfr Haraldsson le Saint. Mais en matière d'histoire, le maître incontesté est Snorri Sturluson (1179-1241), grand chef au destin mouvementé, qui fut aussi scalde. Sa Heimskringla (Orbe du monde), qui raconte la vie des rois de Norvège des origines mythiques à Magnús Erlingsson, laisse loin derrière tout ce que l'Europe a pu écrire en fait d'histoire à la même époque. On peut se demander pourquoi les Islandais, qui n'ont jamais voulu ni roi ni chef et qui n'ont jamais constitué de monarchie, se sont intéressés de la sorte aux rois danois ou norvégiens. Ce peut être, bien sûr, pour s'aligner sur des modèles latins ou grecs. Mais il est tentant de penser que ce type de chronique s'inscrit dans un culte archaïque – et resté vivant dans l'inconscient collectif – du « roi sacré », tel qu'on le trouve dans la civilisation.
Les sagas
Les sagas sont nées, vers la fin du xiie ou le début du xiiie siècle, des influences conjuguées de l'historiographie classique, des écrivains comme Salluste ou Lucain ayant été traduits en islandais très tôt, et de l'hagiographie médiévale, également en latin, l'une des toutes premières compilations à avoir vu le jour en Islande étant les HeilagraMannasögur (Sagas des Saints Hommes) qui reprend les sources continentales connues. Leur origine reste très discutée : il paraît vraisemblable tout de même que, loin d'être la transcription fidèle de traditions orales, ce soient des œuvres éminemment littéraires, composées avec soin sur des modèles établis par des auteurs hautement conscients de leur art. Elles rapportent la vie et les aventures de héros ou de personnages mémorables, mythiques ou ayant réellement existé, dans un style lapidaire, rapide, concis jusqu'à l'obscurité parfois, attaché aux faits et aux actes, ennemi du pathos et de la digression, d'une force tragique ou d'un humour froid admirables ; elles peuvent se hisser sans effort apparent au mode épique ou dramatique. Détail remarquable : elles ne donnent jamais dans le registre lyrique.
Elle se répartissent assez naturellement en cinq catégories, selon leur sujet. Les plus anciennes sont les sagas royales (konungasögur) consacrées aux grands rois de Danemark (Knytlinga saga) ou de Norvège (toute une série de textes sur saint Óláfr Haraldsson, dont le joyau est la Saga de saint Óláfr, de Snorri Sturluson, dans sa Heimskringla), sans compter des textes certainement anciens, comme la Saga des Vikings de Jómsborg (Jómsvíkinga saga) ou celle des jarls des Orcades (Orkneyinga saga). Assez directement imitées, pour la structure d'ensemble et les thèmes, de l'hagiographie médiévale, elles ont suscité un chef-d'œuvre, la Heimskringla, de Snorri Sturluson, collection de seize sagas qui retracent l'histoire des rois de Norvège depuis les origines mythiques (Ynglinga saga) jusqu'au début du xiiie siècle, où elles sont relayées par la Saga de Sverrir, de l'abbé Karl Jónsson. Ce sont des documents de premier ordre, qui valent en outre pour un art de dire et une science de la composition sans grands équivalents au Moyen Âge européen.
Viennent ensuite les sagas dites de contemporains (samtíᵭarsögur), ainsi appelées parce que leurs auteurs, qui font la chronique des événements islandais entre le début du xiie siècle et la fin du xiiie, ont été contemporains des faits qu'ils relatent ou ont consulté des témoins. On compte dans cette catégorie, qui a vu le jour au cours du xiiie siècle, deux collections : celle des Sagas des Évêques (Byskupasögur) islandais, et celle de la Saga des descendants de Sturla (Sturlunga saga), qui rassemble en fait une bonne douzaine de textes dont le chef-d'œuvre est la Saga des Islandais (Íslendinga saga), de Sturla Þórᵭarson, neveu de Snorri Sturluson. Ce sont des œuvres vivantes, d'une bonne qualité historique et qui, surtout, nous renseignent admirablement sur la mentalité et la vie quotidienne des Islandais de ce temps.
Datent de la même époque les sagas dites de familles ou, plus justement, des Islandais (Íslendingasögur). Les auteurs, presque tous anonymes, retracent les hauts faits des colonisateurs de l'île et de leurs premiers descendants, qui vivaient donc aux ixe et xe siècles. Cette catégorie contient tous les grands fleurons du genre des sagas en général. Elles peuvent être réalistes et sauvages comme Egils saga Skallagrímssonar (qui est peut-être de Snorri Sturluson), truculentes et baignées de paganisme nordique comme Eyrbyggja saga (La Saga de Snorri le godi), romantiques comme Gísla saga Súrssonar, chevaleresques comme Laxdoela saga, démesurées et fatidiques comme Grettis saga, classiques comme Hrafnkels saga Freysgoᵭa. L'ensemble est dominé par Brennnu-Njáls saga, la Saga de Njáll le Brûlé, un des chefs-d'œuvre de la littérature européenne au Moyen Âge.
Restent les sagas légendaires (fornaldarsögur), rédigées sans doute à partir de la fin du xiiie siècle, sur des thèmes légendaires pangermaniques, scandinaves ou même étrangers. Elles ne se déroulent plus en Islande, et font appel au fantastique ou à l'invraisemblable, registres que les précédentes catégories s'interdisaient. Certaines, comme Völsunga saga, dédoublent le cycle des poèmes héroïques de l'Edda, d'autres, comme Hervarar saga ok Heiᵭrekskonungs, se font l'écho de lointaines réminiscences qui remontent à l'âge des migrations, celle d'Oddr l'Archer (Örvar-Odds saga) accueillant tout le trésor de mythes, légendes et « dits » que véhiculait le Moyen Âge.
Quant aux dernières venues, les sagas de chevaliers (riddarasögur), ce sont des traductions ou adaptations, faites en général sur l'incitation des souverains norvégiens qui voulaient mettre leur cour à l'heure européenne, comme Hákon Hákonarson et ses successeurs, de romans de Chrétien de Troyes (Parcevals saga), de chansons de geste (Karlamagnúss saga), de romans arthuriens (Bretasögur, c'est-à-dire Sagas des « Bretons ») ou du cycle d'Alexandre (Alexanders Saga, qui est due à un évêque). Il convient de préciser que ces grands textes, souvent longs, existent aussi sous une forme brève qui a même pu, selon certains commentateurs, être à l'origine du genre tout entier. Il s'agit des Þættir (sg. Þáttr), ce que notre Moyen Âge aurait appelé « dits », sagas-miniatures de quelques pages au maximum, qui constituent une parfaite introduction à la connaissance du genre, dont ils possèdent toutes les qualités.
À partir du xive siècle et sous l'influence, d'une part, de cette dernière catégorie de sagas, d'autre part, de divertissements populaires anciens où intervenaient satire, érotique et danse, les dansar, l'Islande développe une nouvelle forme originale de littérature, les rímur, sortes de romans mesurés ou de ballades aux mètres fixes, fort savants eux aussi : la poésie scaldique se survit également dans ce genre, qui a produit de nombreux chefs-d'œuvre comme Skíᵭaríma ou le Poème de Tristan.
Les ouvertures successives (du XVIe s. à 1918)
Diverses causes, et en particulier la perte de l'indépendance (1264), puis les calamités naturelles et l'isolement vont précipiter la décadence des lettres islandaises. Elles végètent tant bien que mal pendant quelques siècles.
La Réforme entraîne bien quelques traductions intéressantes de la Bible, celle, partielle, d'Oddur Gottskálksson, vers 1540, celle, intégrale, de l'évêque Guᵭbrandur Þorláksson en 1584, en particulier. Mais une véritable renaissance ne se dessine qu'au xviie siècle. Sous l'impulsion d' Arngrímur Jónsson le Savant (1568-1648), les Islandais reprennent goût à l'étude. Il écrit sa Crymogaea (1609) qui inaugure la reprise des études historiques en Islande. Désormais, fait caractéristique, la plupart des grands écrivains de l'île mèneront parallèlement deux activités : l'une, proprement littéraire, l'autre, plus scientifique et attachée à l'étude des antiquités islandaises. Arngrímur aura un successeur en la personne d'Árni Magnússon (1663-1730) qui a rassemblé, sa vie durant, la prodigieuse collection des manuscrits islandais anciens sans laquelle on ignorerait l'existence des chefs-d'œuvre du Moyen Âge.
À partir de 1550, d'ailleurs, et pour deux siècles, la littérature de rímur avait retrouvé un second souffle, tandis que les anciennes dansar revivaient sous la forme des vikivakar, sortes de ballades populaires qui connurent un succès considérable : la plupart des poètes s'essayèrent à l'un et à l'autre exercice. Mais ils s'effacent devant l'imposante figure de Hallgrímur Pétursson (1614-1674), auteur fécond dont le chef-d'œuvre, les Pássíusálmar (Cantiques de la Passion), atteint à une pathétique grandeur, et devant celle, plus profane, de Stefán Ólafsson (1620-1688) dont les Kvoeᵭi (Poèmes) évoquent Rabelais par leur verdeur et leur humeur satirique. On retiendra encore Jón Þorkelsson Vídalín (1666-1720), savant austère dont les Húspostilla (Sermons) sont gâtés par une enflure rhétorique qu'une nature passionnée et un penchant prononcé au sarcasme lui font heureusement oublier de temps à autre.
L'Islande se rouvre aux influences étrangères, anglaises et françaises surtout, à compter de 1750 et jusqu'à 1830. L'ère des Lumières provoque un courant rationaliste et utilitaire dont le grand représentant est Eggert Ólafsson (1726-1768), poète et géographe. On peut oublier ses Poèmes (1832), mais son Voyage à travers l'Islande (Reiseigjennem Island, 1772), écrit en danois et traduit presque aussitôt en plusieurs langues dont la française, reste par son pittoresque et sa verve un monument de l'esprit national.
Vers 1830, le romantisme atteint l'Islande : il trouvait dans le passé glorieux de l'île des sagas un merveilleux sujet d'exploitation. Les influences allemandes et danoises aidant, une véritable frénésie de résurrection du passé s'empare des écrivains. Le lyrisme connaît une floraison d'œuvres sans précédent, tandis qu'une étude scientifique, méthodique, des trésors d'autrefois, est entreprise par quelques savants infatigables qui n'hésitent pas à s'exiler, comme Guᵭbrandur Vigfússon ou Eirikur Magnússon, pour faire connaître le patrimoine culturel islandais. Bjarni Vigfússon Thorarensen (1786-1841) et Jónas Hallgrimsson (1807-1845) sont des poètes féconds tandis que Jón Þórᵭarson Thoroddsen (1818-1868) crée le roman islandais moderne avec Pilturogstúlka (Garçon et fille, 1850). Grímur Thomsen (1820-1896), poète et traducteur, retrouve dans ses poèmes le ton des temps anciens, et Benedikt Sveinbjarnarson Gröndal (1826-1907), dont on apprécie encore les poèmes, reste avant tout l'auteur d'une excellente satire, Heljarslóᵭarorusta (La Bataille sur les champs d'enfer), où il tourne en ridicule la « victoire » de Napoléon III à Solferino. Fait intéressant : désormais, presque tous les écrivains islandais, et ce jusqu'à nos jours, se feront un devoir d'adjoindre à leurs écrits de fiction et à leur études scientifiques des traductions d'auteurs étrangers, anciens ou modernes. C'est ainsi que, comme presque tous ses prédécesseurs, Steingrímur Thorsteinsson (1831-1913) mène de front une féconde activité poétique dans le goût romantique pour la nature et le passé national, et une œuvre de traduction et d'étude. Le plus grand nom de cette période est certainement celui de Matthias Jochumsson (1835-1920). Poète de talent, essayiste et mémorialiste, il eut en outre le mérite de doter son pays d'un répertoire dramatique (Skugga-Sveinn, 1864 ; JónArason, 1900) où les ombres de Shakespeare et d'Ibsen se mêlent à celles des héros d'autrefois.
Vers 1874, date du premier pas fait par l'Islande sur la voie de l'indépendance, se dessine tout un faisceau de tendances contradictoires. L'évolution politique, économique, et la naissance de quelques villes, conjuguées aux influences venues d'Angleterre, d'Amérique où commence à se développer un fort courant d'immigration islandaise, de France et du Danemark (Georg Brandes surtout), déterminent un courant réaliste puissant aux colorations politiques prononcées (nationalistes en particulier). Les représentants les plus notables en sont Gestur Pálsson (1852-1891), romancier et auteur de nouvelles acides, Þorsteinn Erlingsson (1858-1914), auteur de poèmes d'une grande perfection formelle, Einar Hjörleifsson Kvaran (1859-1938), romancier dans la manière de Henry James, et Hannes Hafstein (1861-1922), poète puissant qui a célébré son pays, la vie, l'amour et la poésie. Mais, presque parallèlement, apparaît une tendance à l'idéalisme, sinon au mysticisme, bientôt accueillante à la leçon du symbolisme français, voire à celle de la décadence. De cette évolution témoigne au moins un écrivain de premier plan, Einar Benediktsson (1864-1940).
Le XXe siècle
Pendant plusieurs siècles, tous les écrivains islandais sont restés assez fidèles à deux impératifs : respecter le legs culturel du Moyen Âge, défendre farouchement un nationalisme ardent qu'exaspéraient les circonstances. À partir de 1918, l'excellence des antiquités nationales est unanimement reconnue, au moins dans les pays germaniques et anglo-saxons, tandis que l'autonomie reconquise fait perdre au nationalisme son caractère polémique. Un problème nouveau se trouve posé : qui doit l'emporter d'un traditionalisme si ferme ou d'un modernisme résolu ?
Suivant l'exemple donné au théâtre par Jóhann Sigurjónsson (1880-1919), auteur de deux chefs-d'œuvre dramatiques, Eyvindur-des-Monts, d'un romantisme flamboyant, et le ténébreux Galdr-Loftur (Loftur le sorcier), quantité d'écrivains de tous ordres ont essayé de secouer le vénérable joug du fond comme de la forme. Le plus célèbre est Halldór Kiljan Laxness (1902-1998), qui soutient la comparaison avec les plus grands noms du Moyen Âge islandais aussi bien qu'avec les meilleurs écrivains européens du xxe siècle. Prix Nobel de littérature en 1955, il montre un tempérament puissant et contradictoire, ce que manifeste son évolution : du catholicisme au marxisme, puis à la mystique orientale ; de la rage iconoclaste dadaïste à un retour pondéré aux sources toujours vives du passé, il finira par se retrouver... islandais, en chantant dans des chefs-d'œuvre romanesques comme La Cloche d'Islande (1943-1946) ou Gens indépendants (1935) la formidable énergie de ses compatriotes pendant six siècles. Il tient notamment de ses ancêtres un sens magique du réel qui n'existe pas autrement que métamorphosé, doté d'une dimension occulte uniquement sensible aux poètes. Avec lui, Þorbergur Þórᵭarson (1889-1974) défend le socialisme, tendance qui est à l'origine du mouvement des poètes dits « atomiques » qui s'efforcent, sous des influences diverses, les surréalistes français surtout, de faire de la poésie chose explosive en rompant complètement avec les anciennes façons de dire. Ils reconnaissent pour aîné Jóhannes úr Kötlum (1899-1972), au caractère révolutionnaire. Les poètes « atomiques » entendaient désintégrer le fond et la forme de la tradition, manière de scandale dans un pays où le respect du passé était une sorte de dogme. Il est juste de dire qu'ils auront renouvelé à peu près complètement le genre dans tout le Nord, rencontrant dans le reste de la Scandinavie, et presque tout de suite, un étonnant succès. Les « atomiques » sont certainement, avec les « absurdistes » danois, et les « prolétaires » suédois, ce que le Nord aura apporté de plus attachant aux lettres européennes du xxe siècle. Les « atomiques » islandais avaient eu un extraordinaire précurseur en la personne de Steinn Steinarr (pseudonyme d'Aᵭalsteinn Kristmundsson, 1908-1958) dont Le Temps et l'Eau alliait un nihilisme féroce à une transfiguration magique des apparences. Derrière lui, il faut citer le chef de file, Einar Bragi (1921-2005, Étangs clairs), le subtil et tendre Jón Óskar (1923-1999, La Nuit sur nos épaules), si proche souvent de notre Paul Eluard, le laconique Stefán Hörᵭur Grímsson (1919-2002, Danse des elfes noirs) ou encore dans leur sillage, Sigurᵭur Pálsson (1948, Poèmes des hommes et du sel) : l'intérêt majeur de ce mouvement est d'avoir retrouvé les grands secrets de fabrication de la poésie scaldique tout en faisant droit aux thèmes majeurs de l'inspiration moderne, notamment en matière politique et sociale. Il faut ajouter que ce renouveau avait été permis par une revue d'avant-garde de haut vol, Birtingur (1958-1963), qu'aura animée, entre autres, un très grand romancier, poète également, Thór Vilhjálmsson (1925-2011), auteur de remarquables romans-documents comme La mousse grise brûle ou Comptine matinale dans les brins d'herbe. Mais la vieille veine traditionnelle n'a jamais cessé de nourrir de beaux talents d'écrivains ; tels Sigurᵭur Nordal (1886-1974), Einar Ól. Sveinsson (1899-1980), Jón Helgason (1899-1983) ou le poète Tómas Guᵭmundsson (1901-1983). On n'oubliera pas, enfin, que sont Islandais deux grands romanciers qui ont composé en danois la majeure partie de leur œuvre, Guᵭmundur Jónsson Kamban (1888-1945) et Gunnar Gunnarsson (1889-1975).
Les toutes dernières décennies ont poursuivi la valse-hésitation entre respect de la tradition et volonté de rester aux écoutes du modernisme. Pourtant, l'actualité a bouleversé le paysage mental. L'Islande a recouvré définitivement son indépendance en 1948. Elle s'est américanisée, et c'est à présent un pays riche qui s'entend admirablement à exploiter ses ressources tant naturelles que touristiques. La politique, qui avait suscité tant d'œuvres militantes, a laissé progressivement place à une littérature plus symbolique ou suggestive, tandis que perdure le sens de la narration qu'ont dicté les sagas médiévales. Le lyrisme garde ses droits avec Hannes Pétursson (né en 1931) – Trente-Six Poèmes, 1983 – ou Sigurjón B. Sigurᵭsson (né en 1962, pseudonyme Sjón), voire l'ex-« atomique » Stefán Hörᵭur Grímsson – Lien, 1987 – ou encore Sigfús Daᵭason (1928-2000), poète d'une rare délicatesse, attaché à traduire en termes subtils les mouvements les plus ténus de sa sensibilité – Contours au-delà du souvenir, 1987. Le temps présent est à l'arrière-plan de quelques grandes œuvres centrées sur Reykjavík. Ainsi de la trilogie romanesque d'Einar Kárason (né en 1955) – L'Île d'or, 1985, en est le sommet – ou de Battements d'ailes au bord du toit (1983) d'Einar Már Guᵭmundsson (né en 1954), le genre étant dominé par la verve mi-sarcastique, mi-épique de Guᵭbergur Bergsson (1932-2023) – Quête du beau pays, 1985 – et par l'art feutré de Pétur Gunnarsson (né en 1947) – Voilà toute l'histoire, 1985. Ajoutons les romans, trop modernistes pour un Islandais féru de respect de la forme et de sa langue, de Hallgrímur Pétursson (né en 1960), comme 101 Reykjavik, tout de suite adapté au cinéma. Bien entendu, ici comme ailleurs dans le Nord, les femmes cherchent à s'imposer, avec Svava Jakobsdóttir (1930-2005) qui passe d'un récit à la Camus, Le Locataire (1969), à des textes kafkaïens (Contes pour les enfants, 1973), puis à une exaltation de la vie en poésie qui est aussi une superbe variation sur le motif de l'« invention » de la poésie par le dieu Odinn, inscrite dans un cadre moderniste et, bien entendu, féministe, mais sans connotations politico-sociales fracassantes : c'est la Femme en tant que source de vie et donc de poésie vivifiante qui intéresse cet auteur (La Saga de Gunnlöᵭ, 1987). Citons encore Álfrún Gunnlaugsdóttir (1938-2021) avec Errances (1987). De cette intense activité littéraire se détachent également les noms de Þórarinn Eldjárn (né en 1949) avec ses poèmes et ses récits dans le goût légendaire (Tête en miettes, 1985), et de Sigurᵭur Pálsson (1948-2017), qui oppose ses recueils de poèmes à toutes les tentations de l'histoire et de l'esprit.
Au plus loin du réalisme
L'Islande littéraire dont la fécondité a quelque chose de surprenant a entrepris maintenant de liquider le contentieux durable qu'elle a contracté vis-à-vis de la grande figure de Halldór Laxness (1902-1998), Prix Nobel dont il est juste de dire qu'il aura bouleversé les habitudes de son pays et lui aura ouvert toutes grandes les portes de la modernité. Il aura également rendu des lettres de noblesse au genre narratif. Cela peut suffire à justifier la manière d'effervescence qui s'est emparée des écrivains de son pays, au point qu'il serait vain de citer ici tant de noms dont beaucoup seraient mondialement connus s'ils n'avaient écrit... en islandais, encore qu'ils bénéficient de plus en plus de traductions dans les langues réputées « de culture ».
L'impact du mouvement dit des « poètes atomiques » a été considérable et a contribué puissamment à secouer le joug contraignant des règles formelles. Pour les romanciers, ils sont tout de même demeurés assez fidèles à une tradition conteuse immémoriale. Ainsi, Oláfur Joh. Sigursson (1918-1988) exalte « l'élan vital » dans un petit chef-d'œuvre comme Le Nid (1972), Elias Már Gumundsson (né en 1954) chante les êtres jeunes dans un monde de déracinés, voyez Histoire de Sóley ou surtout Les Anges de l'univers (1954), tandis qu'Indriᵭi Þorsteinsson (1926-2000) médite dans Au nord de la guerre (1971) sur le problème désormais fondamental des Islandais, le déracinement qui résulte d'un vaste exil rural entraînant le développement monstrueux, à cette échelle, de Reykjavík.
1968 a, bien entendu, comme partout ailleurs dans le nord, suscité de belles recherches liées à un nouvel humanisme, socialisme et féminisme tenant le haut du pavé. On notera, toutefois, qu'un Islandais n'est pas capable d'un réalisme froid ou plat : il évolue sans cesse entre deux mondes, le sensoriel et l'imaginaire, car tout est hanté pour ces imaginations fiévreuses. Discernons trois tendances : la moderniste représentée par les satires sociales, au théâtre, de Jökull Jakobsson (1933-1978, Ris donc, Madeleine, ris donc !), la satirique pour ceux qui, comme Gubergur Bergsson (Le Cygne) fustigent la laideur de notre société et se mettent en quête d'un merveilleux qui nous sauverait si nous savions le voir, ou comme Svava Jakobsdóttir (1930-2005) auteur d'un extraordinaire roman, La Saga de Gunnlö (1987) où elle revitalise le mythe qui remet en vigueur le thème de la naissance de la poésie sous les auspices d'une déesse. Depuis la disparition de Laxness, la place d'honneur revient sans conteste à Thór Vilhjálmsson, le maître incontesté de cette littérature, dont l'œuvre multiple et toujours animée d'un souffle poétique sans égal, mériterait certainement plus qu'une notoriété cantonnée dans le nord. Ses derniers ouvrages se situent dans une ligne que ne désavouent pas ses compatriotes : il retourne aux sources de la grande histoire nationale et remet en scène de très grands poètes comme Einarr Benediktsson (La mousse grise brûle, 1986) ou la prestigieuse histoire des Sturlungar, au xiiie siècle, dans Comptine matinale dans les brins d'herbe (1998) : son angoisse de vivre dans un monde apocalyptique est compensée par le culte souverain de la vie qu'il professe.
Se produit ensuite une sorte de répit qui tient aux succès de la social-démocratie, à la promotion de la société de bien-être, et aussi à une assimilation sans outrance des enseignements du marxisme et du freudisme. C'est alors le temps de bons romanciers comme Pétur Gunnarsson (né en 1947, Point, point, virgule, tiret, 1976), de poètes de haut vol, tel Sigurur Pálsson, auteur de toute une série de méditations sur l'opposition entre être humain et environnement, ou surtout Einar Kárason (né en 1955) très grand narrateur (L'Île du diable, 1998) et, en plus intime, Steinunn Sigurᵭardóttir (née en 1950) qui s'entend admirablement à mêler prose et poésie dans de petits bijoux comme Le Voleur de vie (1985), Princesse pomme de Terre (1987), sans parler de Thórarinn Eldjárn (né en 1949). Sa Tête en miettes (1996) est une réussite, sur fond de réminiscences classiques.
Il est clair que les inspirations actuelles sont prises entre révolte et un culte de la tradition qui a toujours été très fort en Islande. Un Hallgrímur Helgason (né en 1950) règle ses comptes, avec violence, dans 101 Reykjavik (1996), mais un Gumundur Andri Thorsson (né en 1957) parodie avec bonheur les récits fantastiques de voyages en Islande au xixe siècle, dans Voyage en Islande (1996). Il faut placer un peu à part Mikael Torfason (né en 1974) fustigeant le politiquement correct dans Le Père le plus stupide du monde (2002) ou Sjón et son Avec une larme tremblante (1902) qui mêle allègrement le Golem, la franc-maçonnerie, la mystique, la philatélie et les conjurations magiques, tout à fait dans le droit fil des grands textes médiévaux. On n'aurait garde d'oublier, d'une part, que comme toute la Scandinavie, l'Islande excelle dans le genre du livre pour enfants et que, d'autre part, elle développe un roman policier fort original dont le meilleur représentant est Arnaldur Indriᵭason (La Femme en vert, 2001). En fait, ce pays, qui se signale aussi bien par la richesse de sa littérature que par la curiosité et le nombre de ses lecteurs, sent bien qu'il est pris entre les deux grandes tendances qui se partagent notre monde : américanisme (particulièrement fort à Reykjavik) et fidélité aux grands chefs-d'œuvre du passé. Cela nous vaut un microcosme tout à fait passionnant à étudier.
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Écrit par
- Régis BOYER : professeur émérite (langues, littératures et civilisation scandinaves) à l'université de Paris-IV-Sorbonne
- Maurice CARREZ : ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm et de l'Institut national des langues et civilisations orientales, professeur d'histoire contemporaine à l'institut des hautes études européennes de l'université de Strasbourg
- Édouard KAMINSKI : professeur des Universités, Institut de physique du globe de Paris, volcanologue
- Lucien MUSSET : maître de conférences à l'université de Caen
- Claude NORDMANN : professeur à l'université de Lille-III
- Encyclopædia Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis
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