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JEUX OLYMPIQUES, Grèce antique

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Les autres jeux Panhelléniques

Temple d'Apollon, Corinthe - crédits : M. Avory/ Shutterstock

Temple d'Apollon, Corinthe

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Les jeux Olympiques ne sont pas les seuls jeux Panhelléniques : leur succès même pousse d'autres cités à organiser des concours sportifs rassemblant les athlètes de toute la Grèce, mais aucun de ceux-ci ne connaît la renommée des Jeux d'Olympie. Ainsi, les jeux Isthmiques se déroulent près de Corinthe à partir de 589 avant J.-C., les jeux Pythiques (ou jeux Delphiques) sont connus à Delphes à partir de 582 avant J.-C., les jeux Néméens apparaissent à Némée en 573 avant J.-C. Le calendrier est dicté par celui des jeux Olympiques : les jeux Isthmiques ont lieu tous les deux ans, les années impaires de l'olympiade ; les jeux Pythiques se déroulent tous les quatre ans, les années paires de l'olympiade ; la célébration des jeux Néméens a lieu la même année que celle des jeux Isthmiques.

Les jeux Pythiques, considérés comme les plus importants après les jeux Olympiques, sont dédiés à Apollon : la mythologie indique qu'Apollon tua le serpent Python, fils monstrueux de Gaïa (la Terre) qui veillait sur l'oracle de Delphes (la Pythie) ; pour apaiser la colère de Gaïa, Apollon créa les jeux Pythiques. En 590 avant J.-C., l'Amphictyonie delphique remporte la première guerre sacrée : les forces thessaliennes, auxquelles se sont joints des contingents d'Athènes et de Sicyone, livrent durant dix ans bataille à Cirrha et à Crissa (la cité sur laquelle se trouve le territoire de Delphes), accusées de lever des taxes sur les pèlerins qui se rendent à Delphes ; Cirrha et Crissa sont anéanties. Pour commémorer cette victoire, le conseil de l'Amphictyonie décide de faire renaître à partir de 582 avant J.-C. les jeux Pythiques. Au début, les épreuves pythiques sont avant tout artistiques : il s'agit de récompenser le plus bel hymne à Apollon accompagné à la cithare. Mais, rapidement, prennent place des concours sportifs calqués sur les épreuves d'Olympie.

Théâtre de Delphes - crédits : E. Cristea/ Shutterstock

Théâtre de Delphes

Les jeux Pythiques s'ouvrent et se ferment par une cérémonie religieuse et durent de six à huit jours. Le programme débute par des processions et des sacrifices. Suivent les manifestations artistiques (concours de cithare, de flûte, de dithyrambe et de drame), puis les concours athlétiques. Le vainqueur reçoit une couronne de laurier cueilli sur l'arbre sacré de la vallée de Tempé. Les jeux musicaux ont lieu dans le théâtre de Delphes, les épreuves athlétiques dans le stade, les compétitions équestres à l'hippodrome. Le stade de Delphes se trouve sur une esplanade artificielle entourée d'un bois de pins : il comporte des gradins sur trois côtés qui forment un hémicycle ; long de 178 mètres et large de 25,50 mètres, il peut accueillir sept mille spectateurs. Le palmarès des jeux Pythiques n'est pas établi, contrairement à celui des jeux Olympiques : il est essentiellement connu par les Pythiques de Pindare, qui nous apprennent que Xénocrate d'Agrigente et Mégaclès d'Athènes remportèrent la course de quadriges, qu'Hippocleas de Thessalie gagna le dolichos. Néanmoins, il semble que de nombreux champions qui se distinguèrent à Olympie brillèrent aussi à Delphes : ainsi de Théagène de Thasos, trois fois vainqueur du pugilat, ou de Milon de Crotone, cinq fois vainqueur de l'épreuve de lutte aux jeux Pythiques.

Les jeux Isthmiques sont dédiés à Poséidon. Leur origine mythologique fait l'objet de débats. Pausanias les attribue à Sisyphe, roi de Corinthe, qui les aurait créés en l'honneur de Mélicerte (Palémon), fils d'Athamas, roi de Thèbes, et d'Ino : pour échapper à la fureur de son époux, Ino se précipite avec Mélicerte dans la mer, où Poséidon les reçoit au nombre des divinités. Le corps de Mélicerte, porté par un dauphin jusque sur le rivage de Corinthe, est recueilli par Sisyphe qui lui rend les devoirs funèbres et consacre les jeux Isthmiques à sa mémoire. Selon les sources athéniennes, ils sont instaurés par Thésée, qui veut à la fois commémorer son voyage à Trézène et rivaliser avec Héraclès.

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Les jeux Isthmiques sont réinstaurés en 589 avant J.-C. sur le modèle des jeux Olympiques. Ils prennent un caractère panhellénique, une trêve entre les cités participantes est observée (« libations isthmiques »). Les concours athlétiques sont copiés sur ceux d'Olympie. Les vainqueurs reçoivent une couronne de pin et ont le droit de faire dresser leur statue aux alentours du temple de Poséidon. À partir du ve siècle avant J.-C., des concours de musique, de déclamation et de peinture prennent place aux jeux Isthmiques. Le palmarès n'est connu que par les Isthmiques de Pindare : on sait donc que Xénocrate d'Agrigente et Melissus de Thèbes gagnèrent la course de quadriges, que Phylacidas d'Égine et Strepsiade de Thèbes remportèrent le pancrace. On sait aussi que les jeux Isthmiques revêtaient une grande importance pour les Athéniens, mais qu'ils étaient délaissés par les Lacédémoniens. Il semble que les Éléens n'étaient pas autorisés à participer aux jeux Isthmiques, lesquels atteignirent leur apogée à l'époque romaine.

Les jeux Néméens, dédiés à Zeus, sont considérés comme les moins importants des quatre jeux Panhelléniques. Une tradition accorde leur création à Héraclès, qui les aurait instaurés pour célébrer sa victoire sur le lion de Némée. Une autre l'attribue à Lycurgue, roi de Némée, qui les aurait fondés sur les conseils du devin Amphiaraos en mémoire de son fils nouveau-né, Opheltès (ou Archémore), tué par un serpent. Ils se déroulent dans la forêt de Némée ; la première édition connue se tient en 573 avant J.-C. Le programme athlétique, calqué sur celui des jeux Olympiques, s'enrichira de concours musicaux. Les jeux Néméens sont avant tout des fêtes funéraires ; aussi, les juges, vêtus de noir en signe de deuil, remettent aux vainqueurs des couronnes de céleri sauvage, considéré comme la plante des morts. Le palmarès est connu par les Néméennes de Pindare, qui nous apprennent que Chromius de Catane gagna une course de quadriges et que les athlètes d'Égine se distinguèrent : Aristoclide et Pythéas furent lauréats du pancrace, Timasarque et Alcimède de la lutte, Sogène du pentathle...

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  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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