- 1. Géographie
- 2. Le poids du passé
- 3. La naissance d'un État (1949-1967)
- 4. Le royaume à la recherche de sa survie (1967-1982)
- 5. De nouvelles options (1982-1988)
- 6. Les incertitudes et la longue transition
- 7. Le nouveau roi Abdallah II ou la continuité assurée
- 8. Chronologie contemporaine
- 9. Bibliographie
JORDANIE
Nom officiel | Royaume hachémite de Jordanie (JO) |
Chef de l'État et du gouvernement | Le roi Abdallah II (depuis le 7 février 1999). Premier ministre : Jafar Hassan (depuis le 18 septembre 2024) |
Capitale | Amman |
Langue officielle | Arabe |
Unité monétaire | Dinar jordanien (JOD) |
Population (estim.) |
11 680 000 (2024) |
Superficie |
88 794 km²
|
Le poids du passé
Le passé est partout présent sur les deux rives du Jourdain. C'est dans le désert de Ram, où l'on a retrouvé des sites de villages néolithiques (VIe et VIIe millénaires), que l'homme s'est d'abord fixé, menant une vie sédentaire. Au IIe millénaire, autour des points d'eau, au sud-ouest de Maan, il pratique une agriculture déjà élaborée. C'est l'époque d'Abraham, établi avec ses compagnons dans la forêt de Mambré (l'actuel Ramet al-Khalīl, au nord d'Hébron). Aujourd'hui, une très belle enceinte hérodienne marque la place occupée par la grotte de Macpèla, la caverne sépulcrale des patriarches Abraham, Isaac et Jacob, explorée en 1119 et depuis interdite. Dans le Sud, les mines de fer du Wādi Araba et de Maan fournissent du minerai aux fonderies de Feynān sur le golfe d'Akaba.
C'est au xiiie siècle avant J.-C. que dans le village de Rabbath Ammon (qui deviendra Amman) s'établit la capitale des Ammonites, ces Araméens venus, par la Mésopotamie, du nord de l'Arabie. En 1250, Moïse, conduisant les tribus israélites hors d'Égypte, remonte, à partir d'Eilath, le wādi Araba et fonde les trois royaumes d'Emon, de Moab et d'Ammon. David (1006-966), sacré roi à Hébron, réunit Juda à Israël et fait le siège de Rabbath Ammon qu'il occupe. Après avoir soumis les Ammonites, les Moabites et les Édomites, il fait de Jérusalem la capitale politique d'un grand État palestinien. Sept siècles après David, les Nabatéens, une tribu arabe, fondent leur royaume dans le pays de Moab et d'Édom et installent à Pétra leur capitale. Ses ruines, impressionnantes, découvertes en 1812, sont magnifiquement conservées. L'empire nabatéen, qui a poussé ses marchands jusqu'aux Indes, s'étend ainsi de Damas (en 87) jusqu'aux portes de l'Égypte. Devenue ensuite l'Arabia Petrae de l'empereur Trajan (106 après J.-C.), cette province prospère sombrera progressivement dans l'oubli : Pétra restera ainsi inhabitée pendant des siècles.
La Palestine se trouve incorporée dans l'Empire romain. Des postes fortifiés (Azzak, Rabba, Lejjūn) la mettent à l'abri des incursions nomades venues de l'Est. Amman est rattachée à cette province en 106 après J.-C. Mais c'est à Jérash, enfouie sous les sables jusqu'en 1925, que subsistent les plus beaux vestiges de cette époque gréco-romaine. Alexandre le Grand l'aurait fondée. La ville atteint son apogée au iiie siècle, après la destruction de sa rivale du Nord, Palmyre la Syrienne. Arrive alors le temps des grandes invasions : d'abord celle des Perses sassanides (611-629) qui s'emparent de la vraie Croix et détruisent Jérusalem (614), puis celle des Arabes venus du Sud. Cette deuxième conquête est portée par l'élan donné par l'Islam. C'est Khalil ibn-Walid qui, après la mort du Prophète (632), va entreprendre la conquête de la Palestine (batailles de Beysan et de Fahl). En 638, sous le deuxième calife Omar, Jérusalem est enlevée. Le calife Abd al-Malik (685-705) y fait élever le fameux dôme du rocher (mosquée d'Omar) et la mosquée al-Aksa est construite. Jusqu'à l'époque des croisades, la région est divisée en deux circonscriptions militaires : Filastin (Palestine) et Urdun (Jordanie). C'est une ère de prospérité et d'immense rayonnement, les princes arabes de Damas bâtissant aux portes du désert de somptueux châteaux (Qasr-Mushatta, Qasr-Azrak, Qasr-Hamra).
Sous la dynastie des Abbassides (750-1258), dont le siège est à Bagdad, l'empire se disloque. En 1009, le calife al-Hakim occupe Jérusalem et sa région, qui deviennent une province des Fatimides dont la dynastie a été fondée au Caire. Les croisés se saisissent de la Ville sainte en 1099 et créent en Palestine un[...]
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Écrit par
- Philippe DROZ-VINCENT : professeur des Universités en science politique
- Philippe RONDOT : docteur en sociologie politique des relations internationales
- Encyclopædia Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis
Classification
Médias
Autres références
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JORDANIE, chronologie contemporaine
- Écrit par Universalis
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ABDALLAH ou ABD ALLAH (1882-1951) roi de Jordanie (1946-1951)
- Écrit par Encyclopædia Universalis
- 467 mots
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AKABA ou AQABA GOLFE D'
- Écrit par Jean-Marc PROST-TOURNIER
- 416 mots
- 1 média
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AMMAN
- Écrit par Éric VERDEIL
- 785 mots
Capitale du royaume hachémite de Jordanie, Amman est située sur une zone de plateaux du nord-ouest du pays à une altitude moyenne de 900 mètres. Cet ancien centre des Ammonites, qui la nommaient Rabbath Ammon, connut une période de prospérité à la période gréco-romaine, sous le nom de Philadelphia....
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CHAMIYÉ
- Écrit par Jean-Marc PROST-TOURNIER
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Venant de l'expression arabe « Badiya al-Ch'am », le désert de Syrie, la Chamiyé recouvre une entité géographique assez imprécise du Moyen-Orient. Domaine des populations nomades, elle s'oppose au Croissant Fertile, domaine de l'occupation agricole sédentaire. Aussi ses...
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