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NOUVELLE-ZÉLANDE

Nom officiel Nouvelle-Zélande
Chef de l'État Le roi Charles III (Royaume-Uni), représenté par la gouverneure générale Cindy Kiro - depuis le 21 octobre 2021
Chef du gouvernement Christopher Luxon - depuis le 27 novembre 2023
Capitale Wellington
Langue officielle Maori , Langue des signes néo-zélandaise (Langue officielle depuis le 10 août 2006.) , Anglais
Population 5 223 100 habitants (2023)
    Superficie 267 710 km²

      Article modifié le

      Le peuplement maori

      Totem maori - crédits : G. Mouly-Héras

      Totem maori

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      Appelée Aotearoa par les Polynésiens qui la découvrirent, la Nouvelle-Zélande permit le développement sur une grande échelle du peuple maori. Celui-ci aménagea ce vaste territoire pendant plus de six cents ans d'histoire, avant que ne surviennent les Blancs au xviiie siècle. La civilisation maorie avait bénéficié de la révolution néolithique et d'une tradition qui remontait au temps où les ancêtres des Maoris peuplaient les îles Marquises. À partir d'une agriculture fondée sur la patate douce, le peuplement maori a développé une forme d'organisation sociale extrêmement souple et un système politique centré autour d'une chefferie militaire. La vie cérémonielle a entraîné une production artistique très riche (tatouages, vêtements, sculptures).

      Un peuplement polynésien

      La Nouvelle-Zélande fut découverte et peuplée pour la première fois par des Polynésiens venus des îles Marquises. L'archéologie précise que les premières traces d'occupation du sol remontent à 1150 après J.-C. Apportant avec eux leur langue de type austronésien et leurs coutumes, les Polynésiens franchirent la mer en de véritables expéditions minutieusement préparées. Ils emportaient avec eux, non seulement des provisions et de l'eau pour la durée du voyage, mais aussi des plantes et des animaux domestiques qu'ils comptaient introduire sur les terres nouvelles. C'est ainsi qu'ils essayèrent d'acclimater en Nouvelle-Zélande l'igname et le taro. Leur grand succès fut l'introduction de la patate douce (Ipomæabatatas) qui devint, pour des raisons climatiques, leur principale ressource vivrière. Les Maoris – c'est le nom qu'ils se donnaient – pratiquaient la chasse aux oiseaux, aux chiens, aux rats et aux chauves-souris. Les mammifères étaient rares sur ces îles. La pêche et la cueillette des fruits complétaient leur ordinaire. En période de disette, la population se nourrissait de racines de fougères.

      Les terres les plus favorables au peuplement étaient situées en pleine forêt vierge, mais les guerres entre tribus obligèrent souvent des groupes humains, momentanément vaincus, à émigrer ailleurs et à défricher de nouvelles portions de la forêt. La plupart des villages étaient fortifiés et construits sur les hauteurs. Entourés de plusieurs palissades, de fossés, hérissés de saillants, c'était de véritables forteresses qui permettaient souvent de résister longtemps à l'ennemi. Le terre-plein central des villages était réservé à la danse et aux cérémonies publiques. Les habitations étaient de type semi-souterrain et l'on pouvait distinguer les grandes maisons décorées et sculptées, les maisons sans ornements et, enfin, les petites dépendances. La façade des maisons princières était encadrée par deux portants latéraux couverts de bas-reliefs sculptés. Une entrée principale et une fenêtre, dont le cadre était également sculpté, complétaient l'architecture, avec un mât central qui dépassait le faîte du toit. L'outillage utilisé par les Maoris comprenait des herminettes, des bâtons à fouir, des hameçons, des armes (massues, lances, arcs et flèches), des outils pour la taille du bois. Ils ne connaissaient ni le fer ni la poterie.

      Organisation sociale et politique

      Proches des Hawaiiens par leur système de parenté, les Maoris vivaient en familles étendues, appelées whanau. Celles-ci rassemblaient en général trois générations, des grands-parents aux petits-enfants. Cette grande famille habitait une seule maison et cultivait en commun ses jardins. C'est entre familles que se réglaient les mariages et la répartition des jardins nouvellement ouverts dans la forêt. Aux premiers temps du peuplement, les familles prospéraient sur une terre fertile, se liaient entre elles pour bientôt former un groupe humain plus large, appelé hapu. Ce groupement était nommé et son mode de recrutement était largement cognatique, c'est-à-dire qu'il faisait appel à tous les descendants d'un ancêtre, soit en ligne masculine, soit en ligne féminine. La composition du hapu était d'autre part largement conditionnée par le mode de résidence, qui donnait liberté au jeune couple marié de s'établir au lieu de son choix. Le hapu occupait un certain territoire et ses membres décidaient en commun des questions importantes et, notamment, des relations avec les hapu voisins (mariages, fêtes cérémonielles, guerres). Étant donné le recrutement cognatique du hapu, un homme pouvait se considérer comme membre de plusieurs d'entre eux, à supposer qu'il puisse se relier généalogiquement à l'un des ancêtres de chaque hapu. Même si l'idéologie du hapuest très nettement patrilinéaire, cette liberté de choix ainsi que la stratégie des mariages permettaient de bouleverser sans cesse la configuration politique d'un ensemble de hapu. Plusieurs hapu, territorialement définis, formaient ensemble une tribu (iwi) qui portait le nom de l'ancêtre fondateur du premier hapu. Si l'on remonte aux temps légendaires des premiers débarquements sur les îles, chaque Maori se considère comme descendant d'une « pirogue » fondatrice, ou waka, qui rappelle le souvenir des premiers arrivants. Ainsi plusieurs tribus pouvaient-elles se réclamer d'une même origine, l'arrivée d'une pirogue à partir de laquelle commençait l'histoire du peuplement et de la formation des groupes humains actuels. Toutes les tribus appartenant à la même pirogue se considèrent en relation de consanguinité les unes avec les autres, et ce fait modèle les alliances, en temps de paix comme en temps de guerre. De même, les mariages avaient-ils lieu le plus souvent à l'intérieur de la tribu, sauf pour certaines unions entre familles princières qui, par souci de prestige et par calcul politique, enjambaient ainsi les limites tribales.

      La cause des guerres était souvent la violation des frontières, car celles-ci étaient soigneusement tracées et jalousement défendues. De même, chaque hapu et chaque famille avaient-ils ses terroirs très précisément délimités. De nombreux interdits promettaient la mort par sorcellerie à qui oserait outrepasser les frontières pour attenter à la propriété d'autrui. La guerre pouvait aussi naître de querelles entre tribus, entre familles ou entre parents à propos des mariages, et des relations sexuelles illégitimes. Tout indique que la guerre était une occupation constante. Les jeunes gens s'entraînaient dès l'enfance, et leurs aînés leur enseignaient les subtilités d'une stratégie militaire extrêmement élaborée (les troupes anglaises en firent l'expérience). Lorsqu'un homme partait au combat, il s'était préparé par une série de rituels qui visaient à le protéger en même temps qu'à l'aguerrir. Les combats singuliers précédaient souvent le passage à des formes de guerre de groupes. Ceux-ci rassemblaient en principe cent quarante hommes divisés en sept sections de vingt. La défaite était sanctionnée soit par la mort au combat, soit par un festin cannibale sur la personne des prisonniers, soit par l'esclavage.

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      La société maorie était divisée en trois classes : celle des chefs, appelée ariki et rangarita, celle des gens du commun et celle des esclaves. Un système de rang permettait de distinguer, dans la classe des chefs, ceux de la branche aînée et la succession décroissante des lignées cadettes. Un chef pouvait expliquer et justifier son pouvoir par le récit de sa généalogie, le calcul de son rang et la manifestation de sa force magique (mana), qui lui permettait aux yeux de tous de maintenir les prérogatives de son autorité. Aussi les chefs étaient-ils souvent des prêtres en relation constante avec les forces surnaturelles ; leur personne était taboue et leur vie quotidienne se conformait à une étiquette très stricte. La tribu ne connaissait pas de chefs plus puissants que d'autres. C'est seulement pendant les guerres qu'un chef particulièrement valeureux et habile se trouvait porter momentanément une responsabilité générale. Les funérailles d'un chef étaient un événement vécu de façon dramatique. Son visage tatoué recevait une couche d'ocre rouge, ses cheveux étaient huilés et décorés de plumes. Ses armes et ses parures étaient placées à ses côtés pendant que l'on sacrifiait en l'honneur de sa mort un grand nombre d'esclaves. Parfois même, sa veuve se donnait la mort. Le corps du chef pouvait être, comme le cadavre d'un homme du commun, soit exposé soit brûlé, mais ses ossements étaient soigneusement conservés en un coffret de bois sculpté en forme de tête humaine. Ces cérémonies étaient des occasions de rappeler les exploits des dieux et des héros fondateurs des tribus. Les mythes qui racontent l'histoire du panthéon maori sont une littérature précieuse pour la compréhension de ce peuple polynésien.

      Aujourd'hui intégrés au devenir historique de la Nouvelle-Zélande, les Maoris (qui représentaient, en 2006, 13,7 % de la population) forment une communauté moderne, mais qui demeure attachée à ses traditions.

      — Daniel de COPPET

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      Écrit par

      • : directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales
      • : professeur émérite, université de Bourgogne, Dijon
      • : professeur à l'université de Bordeaux-III
      • : historienne, chercheuse au CNRS
      • Encyclopædia Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

      Classification

      Médias

      Nouvelle-Zélande : carte physique - crédits : Encyclopædia Universalis France

      Nouvelle-Zélande : carte physique

      Nouvelle-Zélande : drapeau - crédits : Encyclopædia Universalis France

      Nouvelle-Zélande : drapeau

      Mont Taranaki - crédits : James Osmond/ The Image Bank / getty Images

      Mont Taranaki

      Autres références

      • NOUVELLE-ZÉLANDE, chronologie contemporaine

        • Écrit par Universalis
      • ANTARCTIQUE

        • Écrit par , , , et
        • 16 485 mots
        • 24 médias
        ...longtemps, s'intéressent, de manière active, au continent austral. Ce sont : la Grande-Bretagne (suivie de deux membres du Commonwealth, l'Australie et la Nouvelle-Zélande), la France et la Norvège. On a appelé ces pays les « possessionnés ». En appliquant la théorie de la découverte, ils se...
      • ANZUS (Australia, New Zealand and United States)

        • Écrit par
        • 333 mots

        Traité tripartite de sécurité conclu par l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis d'Amérique, dans le cadre du réseau de pactes d'assistance mutuelle tissé par les États-Unis de 1949 à 1954. Signé le 1er septembre 1951, soit huit jours seulement avant le traité...

      • AUCKLAND

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        • 270 mots
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        Située dans la partie nord du pays, Auckland (1,2 million d'habitants en 2005) est la ville la plus importante de la Nouvelle-Zélande. Fondée en 1840 entre deux baies ramifiées, elle doit son développement à son excellent port, Waitemata, devenu une escale importante sur les routes transpacifiques....

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        ...Royaume-Uni en matière de coopération militaire et de renseignements. Mais Canberra cherche à s'affirmer sur le plan régional. La signature du traité, Australian-New Zealand Agreement, en 1944 avec la Nouvelle-Zélande vise à garantir l'influence de ces deux pays dans le Pacifique et aboutit, en 1947,...
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