OSCILLATEURS
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Systèmes à plusieurs variables
Il est rare que l'on puisse schématiser les phénomènes caractérisant un système physique à l'aide d'une seule variable q. Ainsi, par exemple, en mécanique et en électricité, on rencontre les modèles suivants qui sont caractérisés par deux paramètres dont les variations en fonction du temps sont régies par un système de deux équations différentielles.
De manière générale, pour deux variables, on écrit le système différentiel linéaire :

Du fait que q1 et q2 interviennent dans chaque équation de ce système, on dit que les variables sont couplées. On recherche une solution particulière sous la forme :






Dans le cas où les racines sp sont toutes distinctes, la solution générale du système différentiel est :

Si certaines racines sont multiples, l'exponentielle correspondante est multipliée par un polynôme dont le degré est égal à la multiplicité de la racine diminuée d'une unité ; ainsi, dans le cas d'une racine triple, le polynôme sera du second degré.
À titre d'exemple d'intégration, envisageons le cas de deux disques rappelés par des ressorts travaillant en torsion et supposons que I1 = I2 = I, Γ1 = Γ2 = Γ ; les racines en s sont ± iω, ± iω√3, avec ω = √Γ/I, ρ(± iω) = 1, et ρ(± iω√3) = − 1. Les amplitudes de torsion ont pour expressions :


On voit que α1 et α2 ne sont pas des fonctions périodiques du temps, bien qu'elles soient des combinaisons linéaires de fonctions sinusoïdales du temps (mais dont les périodes ne sont pas commensurables, puisque ω2/ω1 = T1/T2 = √3, qui n'est pas un quotient de deux entiers). Dans ce cas, les fonctions α1 et α2 sont bornées. On voit qu'il en sera de même chaque fois que l'équation Δn(s) = 0 n'admettra pas de racine positive ou à partie réelle positive. Or, le théorème de Routh permet d'exprimer très généralement qu'un polynôme en s de degré n (n'admettant pas de parité donnée, c'est-à-dire ni pair, ni impair) a toutes ses racines négatives ou à partie réelle négative ; il se traduit par des règles qui s'appliquent simplement. Soit le polynôme (ni pair, ni impair) :





Dans le cas où le polynôme en s est de parité donnée, s'il est impair il a une racine nulle (qui conduit à une solution constante) ; et, après mise en facteur de s, il reste à étudier les racines d'un polynôme pair. Chaque cas particulier doit être examiné. Dans le cas d'un polynôme du second degré as2 + c = 0, si c/a = ω2 (cas de l'oscillateur harmonique), s = ± iω ; si c/a = − ω2, il y a instabilité. Dans le cas d'un polynôme du quatrième degré as4 + bs2 + c = 0, si a > 0, b > 0, b2 − 4 ac > 0, les racines en s2 sont négatives et les racines en s sont ± i ω1 et ± i ω2, ce qui conduit à une solution stable oscillante :

Ainsi, chaque fois qu'on saura analyser le comportement d'un système de telle sorte qu'il soit régi par des équations différentielles linéaires, on pourra énoncer des conditions nécessaires et suffisantes pour que l'équation Δn(s) = 0 ait des racines à partie réelle négative, de telle sorte que les variables de configuration tendront vers zéro au bout d'un temps théoriquement infini, mais pratiquement après un régime transitoire de durée limitée. Lorsqu'un tel système comporte un paramètre physique variable sur lequel on peut agir, il arrive que, dans le schéma linéaire correspondant, pour certains intervalles de variation du paramètre, l'équation Δn(s) = 0 admette des racines à parties réelles négatives (phénomène stable) et que, pour un autre intervalle, elle admette au moins une racine à partie réelle positive.
Si la valeur du paramètre appartient à ce dernier intervalle, deux cas se présentent en pratique : ou bien la croissance exponentielle dans le temps des amplitudes des paramètres q, prévue par les équations linéaires, se réalise effectivement, et le système physique est rapidement détruit, ou bien le schéma linéaire n'est plus valable pour une telle valeur du paramètre parce que les causes de croissance résident dans un phénomène qui s'atténue ou s'inverse pour de grandes amplitudes ; dans ce cas, il se produit des oscillations bornées (et même très souvent périodiques puisque toutes les autres racines en s, sauf les deux imaginaires pures opposées ± i ω, conduisent généralement, en des temps très courts, à des fonctions de valeurs numériques arbitrairement petites) : le système fonctionne en oscillateur.
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Écrit par
- Michel CAZIN : professeur au Conservatoire national des arts et métiers
Classification
Médias
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