PÉROU
Nom officiel | République du Pérou |
Chef de l'État et du gouvernement | Dina Boluarte - depuis le 7 décembre 2022 |
Capitale | Lima |
Langue officielle | Espagnol (Le aymara et le quechua sont reconnus comme langues officielles localement.) |
Population |
33 845 617 habitants
(2023) |
Superficie |
1 285 220 km²
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Article modifié le
Le Pérou contemporain
Retour à la démocratie et aux vieux partis
L'année 1980 est une année charnière qui marque, après douze ans de régime militaire, le retour au système démocratique. À la suite de la promulgation de la Constitution de 1979, les populations analphabètes – principalement les paysans indigènes des Andes et de l'Amazonie – votent pour la première fois aux élections générales. Les partis politiques d'avant le régime du général Juan Velasco Alvarado se retrouvent en lice, aux côtés d'une nouvelle gauche issue des luttes sociales de la fin des années 1970. Fernando Belaúnde, du parti de droite Action populaire (AP), est, pour la seconde fois, confortablement élu président de la République avec 45 % des voix. L'Alliance populaire révolutionnaire américaine (APRA, centre) n'obtient que 27,4 % des suffrages et les partis de gauche 13,85 %. Belaúnde adopte une politique économique néolibérale. La substitution des biens de consommation nationaux par des produits importés, stimulée par la politique de libéralisation du commerce extérieur, a un effet dépressif sur l'activité industrielle péruvienne. Les exportations stagnent et les importations doublent entre 1979 et 1982. Le niveau élevé d'endettement à court terme est aggravé pour combler le déficit commercial. C'est le début de la crise de la dette extérieure. Le taux d'inflation ne cesse de croître, passant de 60,8 % en 1980 à 158,3 % en 1985.
Enlisement dans la guerre
La veille du scrutin présidentiel du 18 mai 1980, un groupe d'hommes masqués investit le village andin de Chuschi et brûle les urnes pour appeler à boycotter la consultation. Cette action passe presque inaperçue au niveau national. Cependant, elle scelle le début de la lutte armée du Parti communiste péruvien d'obédience maoïste, plus connu sous le nom de Sentier lumineux (PCP-SL). Fondé en 1964, et dirigé par le professeur d’université Abimael Guzmán (qui deviendra le charismatique « président Gonzalo »), le Sentier lumineux était passé à la clandestinité dans les années 1970 pour préparer la lutte armée. De 1980 à 1982, les attaques contre l'« État bourgeois et réactionnaire » se multiplient (sabotage d'infrastructures et de moyens de communication, assassinats d'autorités politiques). La guérilla étend son influence, gagne à sa cause une jeunesse frustrée dans ses efforts de mobilité sociale et s'implante dans les zones rurales les plus pauvres de la sierra en créant des comités de soutien. Pourtant, le pouvoir en place néglige initialement ce mouvement subversif. Cette erreur de diagnostic amène, à la fin de 1982, le gouvernement, dépassé par la progression de la « guerre populaire » du PCP-SL, à céder aux militaires les pleins pouvoirs sur les régions qui échappent à l'État et sont déclarées en état d'urgence (notamment les départements andins d'Ayacucho, Huancavelica et Apurimac). La population civile la plus démunie est la principale victime de la militarisation du conflit. La police (Sinchis), la marine et l'armée de terre mènent la lutte contre-insurrectionnelle en employant la torture, les exécutions extrajudiciaires et en provoquant la disparition de milliers de personnes. La violence s'accroît et les positions se radicalisent des deux côtés. En 1984, le Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA), d'inspiration guévariste, se forme et se lance lui aussi dans la lutte armée. Il pratique enlèvements et assassinats sélectifs. Cependant, son impact reste mineur au regard de celui du PCP-SL. Le MRTA ne s'attaque pas à la population civile, à la différence du Sentier lumineux, dont certains massacres, en représailles, sont revendiqués (69 villageois assassinés à Lucanamarca en 1983). Lors des élections générales de 1985, Belaúnde laisse en héritage un pays marqué par la crise économique et le déploiement de la violence.
La « lune de miel » entre Alan García et les Péruviens
Avec près de 50 % des suffrages, Alan García devient, à trente-six ans, le plus jeune président du Pérou et le premier membre de l'APRA à être élu à ce poste. La Gauche unie (IU), nouvelle coalition de gauche, devient, avec 24,7 % des votes, le principal parti d'opposition et la deuxième force politique du pays après l'APRA. Le bloc de droite (Parti populaire chrétien et AP), sanctionné pour la gestion du gouvernement précédent, n'atteint pas 20 % des voix. García met en œuvre un changement radical : entre août 1985 et décembre 1986, il augmente les salaires des fonctionnaires, réduit les impôts, stabilise le taux de change et limite le remboursement de la dette extérieure. La réactivation de l'économie se traduit par une hausse significative des revenus et des créations d'emplois (+ 9,8 % dans l'industrie et + 5,6 % dans le commerce). Le gouvernement assume la critique à l'encontre des violations des droits de l'homme perpétrées par les forces armées. Néanmoins, l’annonce de sanctions à l’égard des responsables du massacre d'Accomarca (août 1985) – qui ne seront en fait condamnés qu’en 2016 – laisse espérer une reprise du contrôle civil sur l'action militaire. Dans les faits, aucune poursuite ni procès n’aura lieu avant plus de vingt ans. García est persuadé que la réalisation d'un grand programme social dans les régions les moins développées délégitimera les mouvements subversifs. En début de mandat, il bénéficie d'un soutien quasi unanime. Mais la lune de miel dure moins de deux ans.
Marasme économique et déliquescence du système des partis
À la fin de 1986, les premières difficultés économiques se font sentir. Le faible niveau des exportations et le déficit commercial génèrent une baisse draconienne des réserves. Face au déficit fiscal, le gouvernement cherche à maintenir la croissance et à contrôler les déséquilibres en augmentant l'intervention de l'État dans l'économie. En juillet 1987, l'annonce de la nationalisation du système bancaire provoque la polarisation de la scène politique. Elle oppose le gouvernement de l'APRA à la droite, menée par le mouvement Liberté de l'écrivain Mario Vargas Llosa. Face aux oppositions croissantes, l'initiative de García échoue. L'isolement du pays par rapport aux marchés financiers internationaux se renforce sans qu'une véritable stratégie de sortie de crise soit proposée. L'inflation devient galopante. Le prix des produits de consommation courante flambe et le marché noir se développe. En 1988, les grèves et les mobilisations antigouvernementales se multiplient. La fuite des capitaux s'accélère. L'hyperinflation provoque l'effondrement du marché interne et une crise économique sans précédent. Entre la fin de 1988 et le début de 1989, le salaire moyen perd 59 % de son pouvoir d'achat et la diminution du budget alloué aux dépenses publiques entraîne des coupes dans la paie des fonctionnaires. Les taux d'inflation sont astronomiques : 1 772 % en 1988 ; 2 775 % en 1989 ; et 7 649 % en 1990.
La conjoncture est également critique au niveau militaire. Le fiasco de la politique antisubversive menée jusque-là dans les Andes entraîne des changements à la fin des années 1980. L'armée cherche dorénavant à s'allier avec la population rurale. Il faut inciter – voire obliger – les paysans à constituer des comités d'autodéfense pour lutter contre les « terroristes ». Mais le régime de García reste marqué par de retentissants massacres perpétrés par les forces de l'ordre (l’exécution d’une centaine de prisonniers qui s’étaient rendus après les mutineries de Lurigancho et El Frontón en juin 1986, dont les responsables militaires tardent à être jugés) et couverts par l'exécutif (trente-neuf villageois de Cayara sont assassinés en mai 1988). De plus, en 1989, le Sentier lumineux lance son offensive pour « encercler Lima » : assassinat de candidats aux élections municipales, organisation de « grèves armées », attentats à la voiture piégée. Parallèlement, le commando paramilitaire Rodrigo-Franco – suspecté de collusion avec l'APRA, le ministère de l'Intérieur et la police – procède à l'élimination de militants et de sympathisants des groupes subversifs. À la fin du mandat de García – accusé de détournement de fonds publics et d'enrichissement personnel –, le Pérou est en pleine débâcle.
En 1989, Ricardo Belmont, un producteur de télévision, est élu maire de Lima. C'est le début du discrédit des partis politiques. L’IU est anéantie lors des élections générales de 1990 et la gauche démocratique entre dans un processus de division interne. En revanche, la droite se renforce grâce au soutien des entrepreneurs et des banquiers, à la capacité de rassemblement de Vargas Llosa et à une idéologie néolibérale rajeunie. Le Fredemo (Front démocratique) est fondé en 1987. Son programme, qui se veut sensible aux besoins des classes populaires, prend en considération les petits patrons du secteur informel. Un mois avant l'élection présidentielle d'avril 1990, les sondages donnent Vargas Llosa vainqueur avec 42 % des suffrages. Quant à Alberto Fujimori, recteur de l'université agraire de Lima, d'origine japonaise (surnommé « El Chino »), à la tête du mouvement indépendant Cambio 90, il n'est crédité que de 3 % des intentions de vote. Contre toute attente, ce novice en politique, qui fait campagne sur un tracteur, est élu président au second tour avec 62,5 % des suffrages. L'effondrement du système des partis est manifeste, avec le vote massif pour les candidats indépendants.
Virage néolibéral, « auto-coup d’État » et accords de paix avec le Sentier lumineux
Durant la campagne électorale, Fujimori s'était engagé à sortir le pays de la récession et à contrôler l'hyperinflation sans recourir au réajustement structurel, préconisé par le FMI. C'est pourtant ce qu’il fait, en août 1990, avec le « fujichoc ». Les mesures macroéconomiques adoptées font baisser l'indice d'inflation de 60 (1990) à 0,9 (1994). Le virage néolibéral ouvre massivement la porte aux investissements étrangers et à la privatisation des entreprises publiques, notamment dans le secteur minier et celui des hydrocarbures. Toutefois, la croissance de ce type d’activité productive est sans grand impact sur l’emploi. De 1994 à 1997, le Pérou enregistre la plus forte croissance d’Amérique latine, mais la stabilisation de l’économie se fait au prix de restrictions importantes. L’indice de production alimentaire ne cesse de chuter depuis 1990 et le pays entre dans une dépendance croissante aux importations. Durant la décennie 1990, la moyenne des revenus per capita augmente mais la redistribution des richesses est de plus en plus inégalitaire. Les ressources se concentrent à Lima.
Le 5 avril 1992, avec l’appui de l'armée, Fujimori réalise son « auto-coup d'État » (autogolpe) et dissout les pouvoirs judiciaire et législatif. Malgré la mise à mal de l'État de droit, une majorité de Péruviens, toutes strates sociales confondues, lui est favorable. Les résultats de la lutte contre-insurrectionnelle – réalisée grâce aux milices paysannes mobilisées par l'armée – contribuent à légitimer le régime autoritaire de Fujimori et à empêcher toute opposition politique, qualifiée dès lors de subversive. Terrorisme d’État et violations des droits humains sont couramment pratiqués. Un escadron de la mort (groupe Colina), lié à Vladimiro Montesinos, chef des services de renseignements et bras droit de Fujimori, est créé sous l’égide de hauts gradés militaires. En juin 1992, Victor Polay, chef du MRTA, est emprisonné. En septembre, Abimael Guzmán et les principaux dirigeants du PCP-SL sont arrêtés. Un an plus tard, ces derniers signent un accord de paix avec le gouvernement – une faction dissidente décide néanmoins de poursuivre la lutte armée dans les piémonts amazoniens pour devenir dès lors une narcoguérilla. Grâce à ces succès, Fujimori triomphe, bien que le démantèlement des groupes subversifs doive être mis à l’actif du GEIN, service de renseignements de la police nationale, sans lien direct avec Fujimori.
Les pouvoirs législatif et judiciaire sont rétablis mais restent contrôlés par l'exécutif. Malgré ces dérives dictatoriales de plus en plus criantes, Fujimori regagne la confiance des bailleurs de fonds et de la communauté internationale qui l'avaient condamné pour son putsch de 1992. Pour légitimer son régime, il convoque, en 1993, une Assemblée constituante et adopte une nouvelle Constitution, qui autorise en particulier le président à briguer un second mandat, ce qui lui permet de se représenter au scrutin de 1995. Ainsi, les prêts, gelés depuis l'insolvabilité déclarée du Pérou, à la suite de la décision de García de ne pas payer la dette extérieure, sont à nouveau accordés.
Dérive autoritaire et chute du régime de Fujimori
Le 26 janvier 1995, la guerre éclate avec l'Équateur dans la zone frontalière de la cordillère du Condor, disputée par les deux pays depuis 1941. Le 28 février, un cessez-le-feu est signé mais il faudra attendre le 26 octobre 1998 pour que Fujimori et son homologue équatorien, Jamil Mahuad, signent un accord de paix définitif. À l'élection présidentielle d'avril 1995, Fujimori est réélu, dès le premier tour, avec 64,4 % des suffrages face à l'ex-secrétaire général de l'ONU, Javier Pérez de Cuéllar, qui n'obtient que 21,8 % des voix. Le parti fujimoriste conserve la majorité absolue au Congrès et, le 14 juin, est votée la loi dite de « réconciliation nationale » amnistiant les crimes commis par les forces de l'ordre au cours du conflit armé. En décembre 1996, une unité du MRTA séquestre six cents invités lors d'une réception donnée par l'ambassadeur du Japon à Lima, exigeant la libération de leurs combattants emprisonnés. Plus de quatre-vingts personnes restent enfermées jusqu'en avril 1997. Cet épisode, qui s'achève par la mort d'un otage et l'exécution de tous les guérilleros après leur reddition, contribue à légitimer la politique antisubversive militarisée de Fujimori. De 1995 à 2000, les tabloïds et les chaînes de télévision à la solde du gouvernement et contrôlés par Montesinos se multiplient. Certains médias indépendants et leurs propriétaires sont persécutés.
Malgré l'avis du Conseil constitutionnel qui se prononce sur le caractère anticonstitutionnel « de la loi d'interprétation authentique » autorisant une troisième candidature de Fujimori à la présidence – et vaut aux juges de cette instance d'être harcelés puis démis de leurs fonctions en 1998 –, « El Chino » postule à sa réélection en 2000. Il obtient un troisième mandat face à son adversaire, Alejandro Toledo, un économiste libéral formé à Stanford, qui abandonne la course après un premier tour entaché de fraudes. Le 28 juillet 2000, jour de la fête nationale et d'intronisation du président, une marche d'opposition au gouvernement (Marche des quatre suyus, en référence aux régions de l'Empire inca) est organisée à Lima, Toledo à sa tête. De nombreux Péruviens manifestent contre la farce électorale qui cache mal la réalité du régime de plus en plus ouvertement dictatorial. En août 2000, le scandale de la vente illégale d'armes à la guérilla colombienne (FARC), impliquant l'état-major de l'armée péruvienne, sonne le glas du gouvernement. Les États-Unis retirent leur soutien à Fujimori, craignant une opposition au Plan Colombie déployé dans la région à partir de 1999. Celui-ci, présenté au Congrès américain comme un programme de lutte contre le narcotrafic, est surtout destiné à combattre les guérillas marxistes colombiennes (FARC, ELN) afin d'assurer la sécurité militaire des gisements énergétiques et des oléoducs dans les Andes. En septembre, la diffusion des vladivideos met au jour la corruption généralisée du régime, orchestrée en sous-main par Montesinos. À la fin du mois d'octobre, des militaires, menés par Ollanta et Antauro Humala, se mutinent contre le pouvoir en place. Cette rébellion tardive est vite matée. Mais ces deux frères occuperont, par la suite, une place importante dans la vie politique du pays – Ollanta, candidat à l'élection présidentielle de 2006 finira par assumer la présidence en 2011. Le 19 novembre 2000, Fujimori se réfugie au Japon d'où il démissionne par fax. Le Congrès refuse cette démission et le destitue pour « incapacité morale permanente », le privant de ses droits civiques. Un gouvernement de transition est nommé d’urgence et Valentín Paniagua, président du Congrès, devient chef d'État intérimaire.
Transition politique, commission de la vérité et présidence du « cholo » Toledo
Profitant de la conjoncture politique favorable, et sous la pression d’ONG de défense des droits humains, le gouvernement de transition installe une Commission de la vérité et de la réconciliation (CVR), chargée de faire la lumière sur le conflit armé interne. Selon son rapport final, rendu en 2003, cet épisode aurait fait, entre 1980 et 2000, environ 70 000 morts (54 % des victimes attribuées au PCP-SL ; 1,5 % au MRTA ; 44,5 % aux forces de l'ordre). Entre-temps, lors de la campagne présidentielle de 2001, Alejandro Toledo joue de son identité métisse (chola) pour séduire les masses populaires. Il remporte le second tour de l'élection avec 52,8 % des suffrages, contre 47,2 % pour l'ex-président Alan García, rentré d'exil. Nul changement majeur par rapport au gouvernement de Fujimori sur le plan économique, Toledo poursuit les privatisations et le désengagement de l'État dans les domaines de la santé et de l'éducation.
Sur le plan social, des mouvements de contestation importants se développent dès les années 1990, notamment autour des cocaleros (cultivateurs des feuilles de coca), soit plus de 150 000 paysans des piémonts amazoniens. Cette question constitue un problème majeur qu'ont dû affronter les gouvernements successifs sans trouver d'issue satisfaisante. Face à la culture de la coca – le Pérou en est le premier producteur mondial jusqu’en 2016, année où il sera détrôné par la Colombie –, l’État oscille entre l’éradication forcée, préconisée par Washington, et la négociation. Durant son premier mandat, Fujimori avait prôné une politique modérée de substitution afin de rallier les paysans à sa lutte antisubversive. Mais, dès 1996, la destruction des plantations reprend. En réaction, grèves et barrages routiers se multiplient. Au slogan de « La coca n'est pas une drogue ! », les paysans luttent contre la criminalisation de la feuille, qui est consommée traditionnellement, et pour son industrialisation à travers des produits dérivés : alimentaires, médicaments. En 2001, Toledo reprend les pourparlers avec les cocaleros sur les programmes de substitution des plants de coca et d'éradication partielle négociée. Mais, en 2002, le président américain George W. Bush fait pression pour l'application de la « tolérance zéro » dans le cadre du Plan Colombie. L'éradication reprend, entraînant des marches de paysans sur la capitale en 2003 et en 2004. De son côté, la classe dirigeante discrédite le mouvement cocalero, qu'elle accuse de collusion avec le narcotrafic et avec le terrorisme.
Le retour de García à la tête de l’État
En 2006, Alan García (APRA) est réélu à la présidence (52,6 % des voix) contre le candidat nationaliste, l’ancien militaire Ollanta Humala (Union pour le Pérou) avec 47,4 % des suffrages. Ce dernier proposait un programme marqué à gauche, dans la lignée du général Juan Velasco Alvarado, et a bénéficié d’un vote massif dans les régions rurales les plus démunies du pays. Au Congrès, malgré la demande d’extradition d’Alberto Fujimori par la justice péruvienne – pour détournement de fonds publics, corruption et crimes contre l'humanité –, le « fujimorisme », avec le parti Sí Cumple, devient la quatrième force politique, après l'Union pour le Pérou (qui compte des dirigeantes cocaleras comme congressistes), l'APRA et l’Unité nationale, parti de droite. Dans un revirement radical au regard de sa gestion des années 1980, le président García poursuit la politique économique ultralibérale de ses prédécesseurs. Le contrôle des dépenses publiques permet au Pérou de résister à la crise économique mondiale : la croissance en 2008 (9,8 %), la plus élevée d’Amérique latine, s’effondre en 2009 (0,9 %) avant de rebondir dès 2010 (8,9 %). Si García se targue de ces bons résultats macroéconomiques, la mauvaise gestion du tremblement de terre d’août 2007 (7,9 sur l'échelle de Richter), qui aurait fait près de sept cents morts (principalement sur la côte, à Pisco), est révélatrice de la difficulté du gouvernement à affronter les situations de crise et à protéger ses citoyens les plus fragiles. Cela souligne aussi les conséquences du désengagement croissant de l’État des questions sociales, d’autant que le chômage et l’emploi informel persistent.
En 2009, dans le cadre de l’exécution de l’accord de libre-échange récemment signé avec les États-Unis, le gouvernement de García libéralise les investissements étrangers. Il se retrouve confronté à de violentes protestations et des grèves dans tout le pays contre la politique d’exploitation des ressources minières, forestières et hydriques d’Amazonie. Un violent affrontement emblématique ébranle le pays en juin après que la police a tenté de déloger les manifestants de la région de Bagua (Amazonas, nord du pays) qui bloquaient la route : le « Baguazo » fera officiellement trente-quatre morts. Le gouvernement qui avait commencé, à coups de décrets-lois, à privatiser des terres en zone indigène protégée, source du conflit social, sera contraint de les abroger. La cote de popularité du président García s’effondre, d’autant que son gouvernement est entaché par des affaires de corruption.
Lutte contre l’impunité et réparations aux victimes du conflit armé
Les procès ouverts contre les responsables maoïstes emprisonnés aboutissent, en octobre 2006, à la condamnation à perpétuité d’Abimael Guzmán, fondateur du Sentier lumineux, et pour les autres dirigeants, à des peines allant de vingt-quatre à trente-cinq ans de prison. En revanche, le manque de volonté politique à assumer les responsabilités de l’État freine les poursuites judiciaires contre les forces armées impliquées dans des exécutions sommaires durant la lutte antisubversive (qui éclaboussent aussi, par ricochet, les gouvernements de Belaúnde, García et Fujimori). Toutefois, des procès ont permis de condamner les responsables de certains massacres, tel celui du village d’Accomarca, où soixante-neuf civils furent assassinés, dont vingt-trois enfants de moins de dix ans, leurs corps dynamités et brûlés. En septembre 2016, la Chambre pénale nationale condamne plusieurs militaires à des peines allant jusqu’à vingt-cinq ans de prison, dont le général Wilfredo Mori, ancien responsable politico-militaire d’Ayacucho et le chef de patrouille Telmo Hurtado, surnommé « le boucher des Andes », en fait le seul à purger sa peine.
Le retour inespéré au Pérou de Fujimori (qui avait entre-temps brigué un mandat de sénateur au Japon) se produit le 21 septembre 2007. Il a été extradé par la justice du Chili (pays où il avait été arrêté en novembre 2005 à son retour du Japon) pour crimes contre l’humanité, imprescriptibles. Au terme d’un « mégaprocès », l’ex-président est reconnu coupable en 2009 et condamné à vingt-cinq ans de prison pour avoir commandité les massacres de Barrios Altos (1991) et de La Cantuta (1992), puis à six ans de détention pour corruption de fonctionnaires et détournement de fonds publics. Avec cette décision de justice exemplaire, c’est la première fois qu’un ancien président, arrivé au pouvoir par les urnes, est déclaré coupable de violations des droits humains. Mais les nombreux partisans de Fujimori réclament sa libération. Keiko Fujimori, députée qui a obtenu le plus de voix en 2006, prépare la présidentielle de 2011 en s’appuyant sur le capital de sympathie dont jouit son père auprès des classes populaires et de certains secteurs des forces armées.
Dans le sillage des recommandations émises par la CVR, les politiques étatiques de réparations aux victimes du conflit armé se systématisent peu à peu durant la seconde décennie du xxie siècle : sur la base d’un registre unique de victimes, un modeste dédommagement économique est octroyé aux familles (moins de 3 000 euros) ; les campagnes d’exhumations de charniers effectuées par le ministère public se multiplient. On estime en effet à 15 000 environ le nombre de personnes encore portées disparues.
Présidence d’Ollanta Humala, l’ancien militaire mutiné au pouvoir
Le candidat nationaliste Ollanta Humala remporte la présidentielle au second tour du scrutin, le 5 juin 2011. Le parti Pérou gagne obtient 47 sièges sur les 130 du Congrès, devant le parti de Keiko Fujimori, Force 2011 (37 élus), et la coalition Pérou possible de l'ancien président Alejandro Toledo (21 députés). Ayant pris ses distances avec le président vénézuélien Hugo Chávez et affirmant s’inspirer du modèle de gouvernance de l’ancien président brésilien Lula, Humala réussit à convaincre le milieu des affaires de ne pas voter pour la fille de l’ancien dictateur. Il annonce la mise en œuvre de programmes visant à lutter contre les inégalités sociales, mais, cherchant avant tout à rassurer les marchés et les investisseurs, il forme un gouvernement de concertation. Toutefois, le parti fujimoriste (Force populaire, créé en 2010) devient la deuxième force politique du pays.
Humala est, lui aussi, confronté à de nombreux conflits socio-environnementaux qu’il ne réussit guère à résoudre hormis en recourant aux forces de l’ordre. De plus, il est accusé de violations des droits humains par d’anciens prisonniers de la base militaire Madre Mía, dont il était responsable en 1991, avant que les témoins ne se rétractent, en raison des pressions subies. En juin 2016, quelques jours avant la passation de pouvoir avec son successeur, le président Humala promulgue la « loi de recherche des disparus » pour financer les investigations médico-légales et la restitution accélérée des corps aux familles. Une direction spéciale consacrée à la quête des disparus est créée au sein du ministère de la Justice. Sur le plan économique, on constate l’extrême stabilité du modèle économique néolibéral qui s’est imposé au Pérou depuis les années 1990 et que rien ne semble remettre en question, malgré les prétendues alternances politiques.
Le « gringo » Kuczynski et la démocratie ébranlée
En mai 2016, à l’issue d’une campagne très disputée, l’économiste libéral et ancien Premier ministre du président Toledo, Pedro Pablo Kuczynski, surnommé PPK, remporte la présidentielle (50,1 %) contre sa rivale Keiko Fujimori (49,9 %), grâce au report des voix de la gauche, avec un écart final de 40 000 votes seulement. Toutefois, le parti fujimoriste remporte la majorité absolue au Congrès avec 73 sièges sur 130, et Kenji Fujimori, fils cadet d’Alberto, est le député qui remporte le plus de suffrages. Le fujimorisme redevient la première force politique du pays. Ses députés adoptent une posture d’opposition systématique et de défiance par rapport au gouvernement, ce qui limite la marge de manœuvre politique du président.
En 2017, Ollanta Humala est accusé par la police fédérale du Brésil d’avoir reçu des pots-de-vin du géant brésilien de BTP Odebrecht, ce dernier étant impliqué dans un immense scandale de corruption qui éclabousse plusieurs dirigeants d’Amérique du Sud. Marcelo Odebrecht, emprisonné pour corruption et blanchiment d’argent, reconnaît avoir versé 3 millions de dollars à Ollanta Humala. L’ex-président et son épouse sont incarcérés en juillet, dans l’attente de leur procès en 2018. Pour autant, la révélation du système de corruption de l’entreprise de BTP atteint peu à peu l’ensemble de la classe politique puisque Odebrecht a reconnu avoir financé de nombreux autres politiciens péruviens.
Dans ce contexte, en décembre 2017, le président PPK échappe de justesse à la destitution sollicitée par la majorité du Congrès, à la suite de son implication présumée dans le scandale Odebrecht, et ce, grâce à l’abstention de certains députés fujimoristes, dont Kenji Fujimori. En échange, PPK accorde la grâce présidentielle à Alberto Fujimori, officiellement pour motif humanitaire, appelant à la « réconciliation nationale ». Ce dernier rentrera chez lui en janvier 2018. Ce pacte politique, qui a permis à PPK de rester au pouvoir, ouvre une situation de crise politique et morale majeure, qui se traduit notamment par la démission de plusieurs ministres du gouvernement ainsi que de hauts fonctionnaires. En mars 2018, à la suite d’un nouveau scandale médiatique, PPK démissionne ; il est remplacé par son vice-président Martín Vizcarra.
Mobilisations contre les violences de genre : « Pas une de moins »
Le Pérou détient le triste record, après la Bolivie, du nombre de viols en Amérique du Sud, avec 28 crimes pour 10 000 habitantes. En 2016, une étude du ministère de la Femme et des Populations vulnérables conclut que 68,2 % des femmes entre 15 et 49 ans ont déjà subi une forme de violence physique, psychologique ou sexuelle de la part de leur partenaire. Cette même année, après une série de féminicides et la libération d’auteurs de violences contre leur compagne, divers secteurs de la population se mobilisent pour dénoncer l’incurie des pouvoirs publics. Et ce d’autant qu’une étude du Défenseur des droits rapporte alors que le quart des femmes assassinées aurait dénoncé la violence domestique subie sans jamais avoir reçu la moindre protection. S’inspirant de l’initiative éponyme née en Argentine, le collectif Ni una menos (« Pas une de moins ») est créé dans la foulée. En août, une marche nationale contre les violences faites aux femmes réunit des dizaines de milliers de personnes dans tout le pays. Ces manifestations historiques massives seront suivies, dans les mois ultérieurs, de mesures symboliques visant à renforcer les droits et la protection des femmes ainsi qu’à promouvoir l’égalité de genre.
Les dénonciations relatives à la maltraitance des femmes sont aussi l’occasion de remettre sur le devant de la scène médiatique les dizaines de milliers de stérilisations forcées perpétrées, entre 1995 et 2001, durant le second mandat d’Alberto Fujimori, sous couvert de planification familiale. On estime que près de 300 000 femmes, principalement indigènes, furent stérilisées. L’État s’est d’ailleurs engagé, depuis 2015, à mener une politique de réparations psychologique, économique, et symbolique auprès de ces victimes. La dénonciation de ces crimes réapparaît depuis lors à chaque avancée du fujimorisme.
Extractivisme, réchauffement climatique et conflits socio-environnementaux
Le Pérou reste un pays massivement extractiviste, en ressources fossiles et minerais. Dans les années 2010, l’exploitation minière place le Pérou au premier rang latino-américain des producteurs d’or, de zinc et de plomb et aux tout premiers rangs mondiaux pour l’argent et le cuivre. En vingt ans, le volume des exportations de minerais n’a cessé de croître, celui de l’or et du zinc a été multiplié par deux et celui du cuivre et du plomb par cinq. Depuis 2001, la production de charbon a été multipliée par dix et celle de gaz naturel par quarante, en raison du nouveau gisement de Camisea (entré en activité en 2004). Si la production de pétrole brut a chuté de près de moitié, elle représente encore le quart de la production d’hydrocarbures.
Le dynamisme de ces activités explique en partie l’augmentation de 57 % du PIB entre 2007 et 2016, avec un taux de croissance annuel moyen de 5,1 %. Cela s’est aussi répercuté sur le taux de pauvreté, qui est passé de 58,7 % en 2004 à 21,8 % en 2016, et d’extrême pauvreté, chutant de 16,4 % à 4,1 %. Toutefois, la diminution globale de l’indice de pauvreté concerne plus le milieu urbain et côtier que les zones rurales andines et amazoniennes ; par ailleurs, au milieu des années 2010, la moitié des emplois relevaient encore du secteur informel ; enfin, l’absence de redistribution des richesses implique le maintien d’inégalités sociales criantes. Se limiter à une lecture macroéconomique empêcherait de voir que l’exploitation des matières premières n’a pas permis le développement local annoncé.
La contrepartie de cet extractivisme outrancier est une pollution massive des sols et de l’eau avec des conséquences dramatiques en termes de santé publique et de destruction de l’écosystème. Cela explique l’opposition massive aux nouveaux projets d’exploitations minières de la part des populations paysannes concernées par ces installations. De plus, le milieu naturel où s’implantent les entreprises est déjà fortement menacé par plusieurs facteurs : la coupe illégale de bois précieux contribue à la déforestation massive, menaçant toute l’Amazonie (60 % du territoire national) ; et le Pérou est un des pays les plus touchés au monde par les effets du réchauffement climatique tels que la fonte des glaciers accélérée (entre 1962 et 2017, 57 % des glaciers ont disparu), le tarissement des nappes phréatiques, les sécheresses, les inondations, des taux d’irradiation aux UV très élevés, etc. Toutefois, le Pérou fait partie des pays abritant la plus grande diversité écologique de la planète – les pays « mégadivers » – puisqu’il concentre à lui seul 84 des 117 zones de vie et biodiversité répertoriées au niveau mondial. Pour l’heure, les autorités sont loin de considérer la protection de l’environnement comme une préoccupation majeure alors même que la question de l’approvisionnement en eau de la capitale risque de constituer une bombe à retardement.
Ces éléments éclairent les nombreux conflits socio-environnementaux qui touchent le pays depuis le début du xxie siècle. Certains ont connu un retentissement international, comme celui du « Baguazo », en 2009. De même, la mobilisation, à partir de 2010, contre le projet minier Conga dans les Andes (Cajamarca), a érigé Máxima Acuña en symbole de la lutte des paysans andins contre les multinationales. À ce titre, elle a reçu en 2016 le prix Goldman, le « Nobel de la défense de l’environnement ». Les projets miniers de Conga et Bagua ont finalement été abandonnés. Mais, chaque année, des dizaines d’opposants meurent dans les affrontements avec les entreprises extractrices, protégées par les forces de l’ordre. Ainsi, dès la fin des années 1990, de nouvelles formes de mobilisation s’articulent progressivement autour de la défense du patrimoine indigène ancestral et de l’ethnicisation du discours écologique, influencées par le contexte international de reconnaissance des droits autochtones (convention 169 de l’OIT). Face à la criminalisation, par les gouvernements successifs, de toute protestation contre les investissements miniers (facilement accusée de terroriste), certains mouvements sociaux se radicalisent à leur tour. Une solution négociée demeure difficile d’autant que les enjeux économiques sont considérables. Et l’État entend protéger ces investissements qui assurent au Pérou ses principales devises, lui permettant de se positionner comme un marché financier actif et lucratif.
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Écrit par
- François BOURRICAUD : professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne
- Albert GARCIA : maître de conférences à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris-X
- Alain LABROUSSE : retraité de l'Éducation nationale, expert dans le domaine de la géopolitique des drogues
- Évelyne MESCLIER : ancienne élève de l'École normale supérieure, docteur de l'université de Paris-VII, géographe chargée de recherches (C.R. 1) à l'Institut de recherche pour le développement
- Valérie ROBIN AZEVEDO : professeure des Universités en anthropologie à l'université de Paris, laboratoire URMIS
- Encyclopædia Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis
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