PHAGOTHÉRAPIE
Les limites théoriques de la phagothérapie
À la lumière de ce que l'on sait des nombreux bactériophages étudiés, on conçoit qu'une application « sauvage » comme celle qu'en a faite d'Hérelle, n'est pas soutenable. En effet, on ne connaît pas de bactériophages contre toutes les espèces bactériennes. Chaque bactériophage est spécifique d'un type de bactérie : ainsi un phage de colibacille ne touchera pas à un staphylocoque. À l'intérieur de cette sorte de spécificité d'espèce, tous les variants d'une bactérie ne seront pas sensibles de la même manière à un phage. En outre, le phage ne doit pas être lysogène. Enfin, l'apparition de mutants bactériens résistants aux phages et chez lesquels une des nombreuses étapes de la multiplication du virus est affectée, est fréquente, ce qui limite considérablement l'usage thérapeutique empirique des bactériophages. Ajoutons que la préparation des phages se fait par culture sur des bactéries et que les suspensions de virus contiennent des produits bactériens potentiellement dangereux.
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Écrit par
- Emiliano FRUCIANO : docteur en histoire et civilisations à l'École des hautes études en sciences sociales, chercheur en histoire sociale, journaliste
Classification
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