PROTECTION DE LA NATURE Mesures de conservation des espèces
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Les réintroductions et renforcements de populations
L'extinction d'une espèce survient quand meurent ses derniers individus. L'effondrement des effectifs au sein d'une population animale ou végétale, comme la disparition de populations locales pour une espèce donnée, sont de clairs signaux d'alarme pour les protecteurs de la nature. Aussi se sont développées très tôt des pratiques de renforcement de populations en déclin et de réintroduction d'espèce là où celle-ci avait disparu. Cette préoccupation fut même l'une des justifications de l'établissement de parcs zoologiques et de conservatoires botaniques. D'abord empiriques, ces pratiques ont fait de plus en plus l'objet de programmes réfléchis et scientifiquement étayés. Des exemples ont été évoqués à propos des parcs zoologiques.
On connaît, en France, entre autres, deux opérations très médiatisées : le renforcement de la population d'ours dans les Pyrénées, dont le devenir reste très incertain tant sont faibles ses effectifs, de l'ordre de la dizaine ; la réintroduction du vautour fauve dans le Massif central, que l'on peut qualifier de succès.
Le vautour fauve a disparu du Massif central en 1945. De 1981 à 1986, une soixantaine d'individus, originaires d'Espagne, ont été réintroduits dans les Cévennes, à l'initiative d'une O.N.G. de protection de la nature, le Fonds d'intervention pour les rapaces (F.I.R., désormais rattaché à la L.P.O., Ligue pour la protection des oiseaux). La stratégie adoptée, qui a consisté à relâcher des vautours adultes plutôt que des jeunes, s'est appuyée sur des études de démographie et de dynamique des populations de vautours mais aussi sur un gros travail de préparation « sociale » du terrain. Charognard, cet oiseau a besoin de carcasses de mammifères pour se nourrir, et il fallait, pour réussir, gérer ce volet du programme de réintroduction avec les éleveurs de moutons aussi bien qu'avec les services vétérinaires. Ce succès – on dénombre aujourd'hui plus de 120 couples implantés dans les Causses, et ce magnifique planeur tient la tête d'affiche dans la propagande touristique en tant qu'espèce sauvage patrimoniale – comme l'échec partiel de l'opération ours montrent bien que ces pratiques, qui constituent l'une des branches de l'écologie de la restauration, ont autant besoin de préparation sociale que de science (Sarrazin et Barbault, 1996).
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Écrit par
- Robert BARBAULT : professeur à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie, directeur du département écologie et gestion de la biodiversité, Muséum national d'histoire naturelle, Paris
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Voir aussi
- RÉSERVES NATURELLES, écologie
- ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE, droit et institutions
- SYSTÈMES ÉCONOMIQUES & SOCIAUX
- RÉINTRODUCTIONS D'ESPÈCES
- AIRES PROTÉGÉES, écologie
- GÉNÉTIQUE VÉGÉTALE
- PARC NATUREL
- CRISES BIOLOGIQUES, paléontologie
- EXTINCTION ou DISPARITION DES ESPÈCES
- CONSERVATOIRE BOTANIQUE NATIONAL
- PARC NATIONAL
- RÉSERVE DE BIOSPHÈRE
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- SÉLECTION ARTIFICIELLE, biologie
- ENVIRONNEMENT, droit et politique
- ANTHROPISATION
- POPULATIONS ANIMALES & VÉGÉTALES
- CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE
- PEUPLEMENT, écologie
- PROTECTION ou CONSERVATION DES ESPÈCES
- RESSOURCES GÉNÉTIQUES
- CRYOCONSERVATION
- ESPÈCE MENACÉE, biologie
- HOTSPOT ou POINT CHAUD DE BIODIVERSITÉ