- 1. Principales caractéristiques du riz
- 2. Les différentes espèces de riz
- 3. Les principales techniques de culture du riz
- 4. Des rendements par hectare de riz très contrastés
- 5. Des rendements par unité de main-d’œuvre très souvent limités
- 6. Une production mondiale de riz avant tout asiatique
- 7. D’un marché du riz asiatique à un marché mondial
- 8. Bibliographie
RIZ
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Les principales techniques de culture du riz
Le riz est une plante peu exigeante quant à la nature des sols : il peut être cultivé sur une même terre, sans interruption, durant de très longues périodes (pendant des décennies, voire des siècles). Il a permis la mise en valeur de vastes secteurs auparavant marécageux, le long de grandes vallées fluviales ou de zones littorales ainsi que dans bien des zones deltaïques. Le riz réclame, en revanche, beaucoup d’eau et de travail. Il peut être cultivé sous pluie (« en sec », sans apport d’eau autre que celle qui tombe du ciel) comme c’est encore le cas sur les hauts plateaux de l’intérieur du Vietnam, mais il ne procure alors que des rendements très modestes. Seules l’inondation et l’irrigation des rizières, techniques qui impliquent la construction de diguettes et de casiers, permettent d’obtenir des rendements plus élevés et plus réguliers. Une bonne récolte exige sur six mois une tranche d’eau minimale de 1 000 à 1 200 millimètres. Les plants de riz gagnent à avoir « les pieds dans l’eau » pendant la plus grande partie de leur cycle végétatif. Pour produire 1 kilogramme de matière sèche (grains de riz et paille), il faut pouvoir disposer de 1 600 litres d’eau dans le cas d’un riz cultivé sous pluie et de 5 000 litres d’eau dans celui d’un riz inondé, ces chiffres étant à comparer avec ceux du blé (600 L) ou du maïs grain (450 L).
Cette eau nécessaire à la culture du riz peut donc être apportée par les pluies, par les inondations de cours d’eau (cultures de crue et de décrue) ou par l’irrigation. Les modes de gestion des apports d’eau permettent ainsi de distinguer différents types de cultures : les rizicultures sous pluie ou « pluviales » (rainfed rice), qui peuvent être pratiquées dans des secteurs de plaine ou de coteaux avec, parfois, la construction de diguettes pour retenir les eaux de pluie ; les rizicultures irriguées, qui impliquent un important contrôle de l’eau ; les rizicultures inondées, pratiquées dans les zones les plus basses. Ce sont les rizières irriguées qui procurent les rendements les plus élevés, car l’apport d’eau, indispensable, peut y être réglé de façon optimale. Elles fournissent les trois quarts de la production mondiale de riz. Cette riziculture irriguée se trouve à l’origine des terroirs agraires les plus anthropisés, paysages magnifiques remarquablement décrits par le géographe français Pierre Gourou (1900-1999). Mais elle est également à l’origine d’émissions de méthane qui représentent plus de 10 % des émissions de gaz à effet de serre générées par les activités agricoles.
Nécessitant énormément de travail, donc d’énergie, la riziculture irriguée a impliqué des densités de population paysanne très élevées, comprises entre 500 et 1 000 habitants par kilomètre carré. En contrepartie, elle a permis de nourrir des populations particulièrement nombreuses. Grâce à la technique du repiquage, qui nécessite une main-d’œuvre importante, il est devenu courant d’obtenir, lorsque l’eau est disponible en quantité suffisante, deux récoltes par an sur une même parcelle dans la zone intertropicale ainsi que dans l’Asie des moussons. Le riz peut être également cultivé jusque sous des latitudes moyennes et en particulier dans le domaine bioclimatique méditerranéen (plaine du Pô, Camargue, Levant espagnol, Californie centrale…), mais une seule récolte par an est alors possible. Les Japonais ont réussi à développer la culture du riz jusque dans l’île la plus au nord de leur archipel, l’île d’Hokkaidō, en mettant en œuvre des techniques de réchauffement des eaux d’irrigation. Au Japon, Honda signifie « rizière principale » et Toyota « belle rizière ».
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Écrit par
- Jean-Paul CHARVET : professeur émérite à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, membre de l'Académie d'agriculture de France
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