MARTINGALES THÉORIE DES
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Calcul stochastique
Considérons l'équation :


L'intégrale stochastique. Lorsque (Ht), t ≥ 0, est un processus convenable et (Xt), t ≥ 0, une semi-martingale, on peut définir :


– un théorème de convergence dominée qui s'exprime ainsi : Si une suite (Htn), t ≥ 0, de processus intégrables converge simplement vers un processus (Ht), t ≥ 0, et si, pour tout t ≥ 0, Htn est majorée en valeur absolue par Kt où (Kt), t ≥ 0, est un processus intégrable, alors on a, au sens de la convergence en probabilité,

– une formule de changement de variable (due à K. Ito dans le cas du mouvement brownien), qui permet de développer tout un calcul différentiel stochastique. Lorsque (Xt), t ≥ 0, est une semi-martingale continue de décomposition Xt = At + Mt où (Mt), t ≥ 0, est localement une martingale continue, la « formule de Ito » a la forme suivante, F désignant une fonction de variables réelles admettant des dérivées F′, F″ continues :

Reprenons maintenant l'équation différentielle stochastique (⋆). On peut en définir plusieurs types de solutions :
– soient (Ω, F, p), (Bt, Ft), t ≥ 0, donnés : une solution forte de (⋆) est un processus (Xt), t ≥ 0, qui vérifie (⋆).
– soient (Ω, F), (Xt, Ft), t ≥ 0, donnés ; une solution faible de (⋆) est un processus (Bt), t ≥ 0, et une probabilité p sur (Ω, F) tels que (Bt, Ft), t ≥ 0, soit un mouvement brownien sur (Ω, F, p), avec (⋆) vérifiée.
On peut montrer que trouver les solutions faibles de (⋆) revient à résoudre le problème des martingales X = {Y, Z} où :

Lorsque les coefficients a et b sont lipschitziens (lorsqu'ils vérifient la condition |a(x′) − a(x″)| ≤ K|x′ − x″| sur une certaine constante K > 0, et pour x′ et x″ quelconques, et de même pour b), (⋆) admet une solution forte ; mais, sans hypothèse de Lipschitz, on n'a pas nécessairement de solution forte.
Lorsque a et b satisfont à des conditions de régularité moins fortes que celle de Lipschitz (par exemple : b mesurable borné, a continu borné), l'équation admet une solution faible unique (Xt), t ≥ 0.
Rappelons que, à temps continu, on appelle (comme dans le cas du temps discret) processus de Markov une famille de variables aléatoires (Xt), t ≥ 0, qui « oublie le passé », c'est-à-dire telle que p(Xt ∈ A|FXs) = p(Xt ∈ A|Xs) pour tous s ≤ t, et pour tout A mesurable dans l'espace des états. On définit alors les probabilités de transition :



On appelle générateur infinitésimal du processus l'opérateur défini par :

Sous certaines conditions naturelles, cette limite existe pour toutes les fonctions assez régulières (deux fois différentiables, par exemple si E = Rd).
Mais on peut voir aussi que, toujours sous des conditions raisonnables, on peut reconstituer le processus à partir de son générateur infinitésimal A ; disons cela autrement : à partir du comportement du processus pour t infiniment petit, on peut retrouver l'ensemble du processus.
On peut alors montrer que la solution de l'équation différentielle stochastique ci-dessus (⋆) est un processus de Markov dont le générateur infinitésimal a la forme :

La réciproque est d'ailleurs vraie : si (Xt), t ≥ 0, est un processus de Markov de générateur infinitésimal (⋆⋆), alors (Xt), t ≥ 0, est solution faible de l'équation différentielle (⋆).
Historiquement, les équations différentielles stochastiques ont été développées dans le cadre de la théorie des processus de Markov ; ensuite, le développement de la théorie de l'intégrale stochastique a permis de considérer des équations différentielles stochastiques plus générales que (⋆), dont les solutions ne sont pas des processus de Markov.
Une application de l'étude de l'équation (⋆) est la résolution de l'équation aux dérivées partielles ordinaire (c'est-à-dire non stochastique) :


Remarquons enfin que, comme dans le cas du mouvement brownien (exemple 8), un processus de Markov à temps continu du type ci-dessus, de coefficients a et b, peut être obtenu comme limite d'une suite de processus de Markov de saut.
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Écrit par
- Pierre CRÉPEL : docteur ès sciences, chargé de recherche au C.N.R.S.
- Jean MEMIN : docteur ès sciences, assistant à l'université de Rennes
- Albert RAUGI : docteur ès sciences, attaché de recherche au C.N.R.S.
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