TOPOLOGIE Topologie algébrique
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Ensemble simpliciaux et polyèdres
Nous avons dit que l'objet de la topologie algébrique était l'étude des propriétés homotopiques des espaces topologiques ; en fait, ce projet est trop ambitieux : on ne sait que peu de chose des espaces les plus généraux. Mais il existe cependant des classes assez larges d'espaces topologiques pour lesquelles cette étude peut être menée assez loin ; l'une des plus intéressantes est celle des polyèdres.
La notion de simplexe
On appelle simplexe type de dimension n et on note Δn le sous-espace de Rn+1 formé des points dont les coordonnées (x0, ..., xn) vérifient les deux relations :

Soit Ep un sous-espace vectoriel de Rn+1 qui est engendré par p + 1 des vecteurs de la base naturelle de Rn+1 ; alors Δn ∩ Ep est homéomorphe au simplexe type de dimension p : on dit que c'est une face de dimension p de Δn ; les faces de dimension zéro sont appelées des sommets.
Les simplexes affines de RN
Pour tout ensemble ordonné σ = (s0, ..., sn) de points de RN, qui a n + 1 éléments, on notera [σ] l' enveloppe convexe de σ, c'est-à-dire l'ensemble des points de RN qui peuvent s'écrire :

Complexes simpliciaux
Considérons un sous-ensemble S0 discret de RN et une famille S de parties finies de S0 ; on suppose que :
α) tout élément σ de S définit un simplexe affine ;
β) toute partie de S0 ayant un seul élément est dans S ;
γ) toute partie d'un élément de S est dans S ;
δ) pour tout couple (σ, σ′) d'éléments de S, on a :

Notons X la réunion de tous les simplexes [σ] pour σ ∈ S ; c'est un sous-espace fermé de RN. Les simplexes [σ], avec σ ∈ S, sont tracés sur X et on dit qu'ils forment une triangulation[S]de X.
Un tel espace triangulé X est encore appelé un complexe simplicial. La propriété β, imposée à S, entraîne que S0 ⊂ X ; on voit que S0 est l'ensemble des sommets de[S], que toute face d'un simplexe de[S]est un simplexe de[S]et que, si deux simplexes de[S]ne sont pas disjoints, leur intersection est l'une de leurs faces, éventuellement égale à l'un d'eux.
Par exemple, Δn est un complexe simplicial dont les simplexes sont Δn lui-même et toutes ses faces ; une ligne brisée est un complexe simplicial n'ayant des simplexes qu'en dimension zéro et un ; en découpant chacune de ses faces en deux triangles, on fait du bord d'un cube un complexe simplicial.
Applications simpliciales
Soit [σ] un simplexe affine de RN et [τ] un simplexe affine de RP. Toute application de l'ensemble fini σ dans l'ensemble fini τ se prolonge, de façon unique, en une application de [σ] dans [τ] qui est la restriction à [σ] d'une application affine de RN dans RP ; une telle application de [σ] dans [τ] est dite affine. Soit (X,[S]) et (Y,[T]) deux complexes simpliciaux ; une application continue f de X dans Y est dite affine si la restriction de f à [σ], pour tout simplexe [σ] de[S], est une application affine de [σ] dans un simplexe de[T]. Deux applications affines f et g de (X, [S]) dans (Y, [Τ]) sont dites contiguës si, pour tout simplexe [σ] de[S], les ensembles f ([σ]) et g([σ]) sont des faces d'un même simplexe de[T].
On démontre que toute application continue de X dans Y est homotope à une application simpliciale et que, si X est compact, on peut à tout couple (f, g) d'applications simpliciales homotopes de (X, [S]) dans (Y,[T]) associer une suite finie f0 = f, f1, ..., fk = g d'applications simpliciales telles que, pour tout i, les applications f−1 et fi soient contiguës.
Étant donné qu'une application simpliciale est entièrement déterminée par les images des sommets de[S], il est clair que la détermination des classes d'homotopie de X dans Y est ramenée à un problème combinatoire, fini si X est compact.
Polyèdres
Si un sous-espace X de RN peut être triangulé comme on vient de l'indiquer (cf. Complexes simpliciaux), on dit que c'est un polyèdre plongé dansRN. Un polyèdre peut être triangulé de plusieurs façons : on dit que la triangulation[T]est une subdivision de la triangulation[S]si l'ensemble des sommets de[T]contient l'ensemble des sommets de[S] ; il en résulte que tout simplexe de[T]est contenu dans un simplexe de[S]. Deux triangulations du même polyèdre plongé dans RN ont toujours une subdivision commune. Une application continue du polyèdre X dans le polyèdre Y est dite semi-linéaire si elle devient simpliciale pour des choix convenables des triangulations de X et de Y.
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Écrit par
- Claude MORLET : professeur à l'université de Nancy
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