TRANSPORTS Mobilité et société
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Une géographie des transports en mouvement
Au temps de l'achèvement de l'urbanisation : intra- et interurbain
Nous vivons dans un contexte où l'urbanisation s'achève : d'ici à 2050, le réservoir du monde rural sera presque épuisé dans le Monde puisque, d'une manière ou d'une autre, le monde urbain aura englobé l'ensemble des espaces de vie, comme c'est déjà le cas aujourd'hui dans les pays développés. Par ailleurs, l'ensemble de la population de la planète tendra vers la stabilité (à quelque 9,5 milliards d'habitants, selon les projections actuelles). Les déplacements se limiteront pour l'essentiel à deux types : intra- et interurbain. L'échelle des villes et des systèmes de villes dépendra fortement des moyens de la mobilité : soit on se situera au sein d'un espace local intra-urbain, qui peut être quotidiennement pratiqué et maîtrisé, soit on aura affaire à un espace interurbain composé de plusieurs espaces urbains plus ou moins distincts. La distinction reposera sur l'organisation des mobilités, qui, désormais, constituera le meilleur indicateur pour définir les limites, partielles et mouvantes, des aires urbaines. À l'échelle continentale ou mondiale, les sous-ensembles peuvent déjà être pertinemment découpés sur la base de l'existence de réseaux cohérents, offrant un niveau d'accessibilité comparable pour tous leurs lieux. Le point de basculement entre l'intra- et l'interurbain devient alors un enjeu de l'aménagement de l'espace dans lequel les transports jouent un rôle décisif : qu'on étende le réseau de transports publics pour apporter davantage de proximité à des localités en cours d'urbanisation ou qu'au contraire on limite les dessertes et les fréquences pour éviter la « banlieuisation », et c'est tout l'espace de vie qui s'en trouvera affecté.
Au temps de la mondialisation : une intermodalité planétaire
La phase de la mondialisation engagée depuis 1945 et accélérée depuis 1989 place aussi la mobilité au cœur des mutations. L'ère des empires s'est organisée en deux temps : celui des conquêtes, à partir des grandes découvertes, et celui de l'exploitation, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Elle se caractérisait par une construction du Monde limitée, par la partition du territoire planétaire en sous-ensembles séparés les uns des autres et par des échanges dissymétriques de marchandises.
Nous sommes aujourd'hui dans une autre époque. En effet, même si la mondialisation du politique reste encore lacunaire et que, notamment, il n'existe pas à l'échelle mondiale une politique publique de la mobilité comme on peut en trouver à d'autres échelles, la société civile mondiale se manifeste clairement à travers une logique organisatrice de la mobilité, tant pour les marchandises que pour les humains. Un archipel mégalopolitain mondial, composé d'un chapelet de villes bien reliées entre elles et constituant par grappes des « régions » très denses, forme la trame de base de cette planète mobile et les transports y jouent un rôle majeur de structuration.
En diminuant les distances entre les sociétés, la mondialisation a aussi pour effet de transformer, jusqu'à un certain point, le Monde en lieu, c'est-à-dire en un espace suffisamment intégré pour que les problèmes de distance puissent y être ignorés. Cela rend encore plus crucial le système technique transports chargé de donner corps à l'utopie d'un espace mondial à zéro dimension. Une intermodalité planétaire s'est donc mise en place, dans laquelle les métriques combinées des transports publics sont les plus capables d'assurer le continuum de service attendu : marche à pied, métro, tram ou taxi dans les zones denses, train rapide ou avion ailleurs. Pour les marchandises, avec des technologies[...]
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Écrit par
- Jacques LEVY : professeur d'université en détachement
Classification
Médias
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